Epidémie: progression du choléra au Soudan du Sud, 39 morts en un mois

Au moins 39 personnes sont décédées du choléra depuis un mois au Soudan du Sud, pays ravagé depuis 19 mois par un sanglant conflit. Au total, plus de mille cas ont été diagnostiqué.
25 août 2015, 16:12
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Selon l'organisation, l'épidémie se déplace de la capitale Juba vers l'Etat voisin du Jonglei, particulièrement touché par la guerre civile. Le ministre sud-soudanais de la Santé a officiellement déclaré l'épidémie le 23 juin.

Les responsables sanitaires pensent que l'épidémie est partie début juin de bases de l'ONU surpeuplées dans la capitale Juba. A travers le pays, ces bases servent de refuge à quelque 140'000 Sud-Soudanais fuyant les combats. L'an dernier, au moins 167 personnes étaient mortes d'une précédente épidémie de choléra dans le pays.

Si la majorité des cas reste localisée autour de Juba, un décès a été enregistré à Bor, capitale de l'Etat du Jonglei aujourd'hui sous contrôle du gouvernement. La cité est en ruines après avoir changé de mains à plusieurs reprises pendant la guerre.

Les efforts pour juguler le choléra sont freinés par l'inflation galopante et la "mauvaise situation économique", estime le Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). "Beaucoup de gens ne peuvent même pas s'acheter de l'eau potable", précise-t-il, avant d'ajouter que de nombreux habitants boivent directement l'eau du Nil.

Eau contaminée

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par un vibrion qui peut provoquer la mort en quelques heures en l'absence de traitement. Il se propage facilement, notamment dans les zones dépourvues d'infrastructures de base - eau propre, toilettes, assainissement - telles que les bidonvilles ou les camps de réfugiés, souvent surpeuplés.

Lutter contre l'épidémie est un défi supplémentaire pour les autorités sud-soudanaises et les agences humanitaires dans un pays où plus de 2 millions de personnes ont été chassées de chez elles par les combats, accompagnés d'exactions, qui opposent depuis décembre 2013 les forces loyales au président Salva Kiir à celles de son ancien vice-président Riek Machar.