Etats-Unis: appels à la démission ou à la destitution de Trump

Alors que les démissions au sein du gouvernement de Trump se multiplient, de nombreux démocrates et républicains appellent leur président à démissionner. Au sein du Congrès également le lancement d’une procédure de destitution fait débat.

08 janv. 2021, 21:17
"Ce qui s'est produit au Capitole était une insurrection contre les Etats-Unis, incitée par le président", a tancé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Deux jours après les violences qui ont endeuillé le Capitole, ébranlé l’Amérique et sidéré le monde, la présidence Trump était vendredi au bord de l’implosion.

Reclus dans la Maison Blanche, lâché par nombre de ténors républicains, le président américain a annoncé, d’un tweet laconique, qu’il n’assisterait pas, contrairement à la tradition, à la cérémonie d’investiture de son successeur Joe Biden.

La cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a déclaré s’être entretenue avec l’armée américaine pour s’assurer que Donald Trump, un «président déséquilibré», ne puisse pas utiliser les codes nucléaires.

Les drapeaux du Capitole ont été mis en berne après le décès d’un policier qui avait été blessé lors des affrontements avec des pro-Trump, portant le bilan total des violences de mercredi à cinq morts.

«Une attaque odieuse»

Appels à la démission, projets de procédure de destitution, feu de critiques contre un président accusé d’avoir sapé les institutions et jeté de l’huile sur le feu: à 12 jours de la fin de son mandat, Donald Trump a tenté de calmer le jeu.

Dans un message vidéo diffusé jeudi soir marquant une rupture après des semaines de rhétorique incendiaire, le tempétueux milliardaire a enfin reconnu sa défaite, même s’il n’a aucun moment cité – encore moins félicité – son successeur démocrate Joe Biden.

 

 

Il a également dénoncé «une attaque odieuse» sur le Capitole, sans jamais cependant évoquer sa responsabilité dans ce drame qui a durablement terni l’image de l’Amérique à travers le monde.

«Trop tard», ont réagi à l’unisson nombre de responsables démocrates et républicains excédés, alors que les démissions au sein de son équipe rapprochée et de son gouvernement se multiplient.

Certains de ses détracteurs estiment que le plus simple serait que le 45e président se taise et laisse de facto le vice-président Mike Pence aux commandes jusqu’au 20 janvier, date à laquelle Joe Biden prêtera serment.

Mike Pence n’y est toutefois pas favorable parce qu’il craint d’aggraver les tensions, selon un de ses proches cité dans le New York Times.

Le Wall Street Journal, propriété du magnat Rupert Murdoch, qui fut un allié de Trump, a appelé dans un éditorial ce dernier à prendre ses responsabilités et à démissionner. «C’est mieux pour tout le monde, y compris lui-même, s’il s’en va tranquillement.»

 

 

Articles d’«impeachment»

Le Congrès pourrait par ailleurs lancer une procédure de destitution. Un groupe d’élus démocrates à la Chambre des représentants, contrôlée par leur parti, se préparaient à présenter des articles d’«impeachment».

«Ce qui s’est produit au Capitole était une insurrection contre les Etats-Unis, incitée par le président», a tancé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer. Il «ne peut pas rester au pouvoir un jour de plus».

Le chef de la minorité républicaine à la Chambre , Kevin McCarthy, a mis en garde les démocrates, estimant qu’ouvrir une procédure de destitution contre Donald Trump ne ferait «que diviser le pays encore plus».