Etats-Unis: après la tuerie d’Uvalde au Texas, les premiers témoignages de survivants

Après la tuerie dans une école primaire qui a fait 21 victimes, les premiers témoignages d’enfants survivants ont émergé. Certains ont usé de stratégies afin d’éviter les balles du tireur. Traumatisés, ils nous racontent le déroulement morbide de cette journée.
28 mai 2022, 17:43
La fusillade, qualifiée de "nouveau Sandy Hook" dans la presse américaine, en référence à l'effroyable massacre dans une école primaire du Connecticut en 2012, a réveillé les traumatismes de l'Amérique.

A la veille de la visite du président Joe Biden, les premiers témoignages d’enfants ayant survécu à la tuerie d’Uvalde émergeaient samedi. Ils décrivent l’horreur dans cette école texane où un tireur a tué 19 jeunes élèves et deux enseignantes.

A l’intérieur, les enfants étaient enfermés avec le tireur, âgé d’à peine 18 ans.

En entrant dans la salle, ce dernier avait fermé la porte, disant aux enfants: «vous allez tous mourir», avant d’ouvrir le feu, a raconté un survivant, 10 ans, à la chaîne ABC vendredi.


«Je crois qu’il me visait», a témoigné l’enfant, mais une chaise se trouvant entre lui et le tireur a bloqué la balle.

Dans la pièce au sol recouvert de sang, Samuel, pour ne pas être visé par les tirs, a essayé de «faire le mort».

«Rester calme»

Miah, 11 ans, a tenté d’échapper à l’attention de l’agresseur de la même façon. La fillette s’est couverte du sang d’un camarade, dont le cadavre se trouvait à côté d’elle, a-t-elle expliqué à CNN, dans un témoignage non filmé.

Elle venait de voir l’adolescent abattre son institutrice, après lui avoir dit «bonne nuit».

Un autre élève, Daniel, a raconté au journal Washington Post que pendant que les victimes attendaient que la police vienne les sauver, personne ne criait.

«J’étais effrayé et stressé, parce que les balles m’ont presque touché.»

J’étais effrayé et stressé, parce que les balles m’ont presque touché.
Daniel, élève survivant

Sa professeure, qui a été blessée pendant l’attaque mais a survécu, chuchotait aux élèves de «rester calmes» et de ne «pas bouger».

Une enfant, elle aussi touchée par une balle, avait doucement demandé à son enseignante d’appeler la police, disant qu’elle «saignait beaucoup», a relaté Daniel, qui ne peut plus dormir seul et fait des cauchemars.


Ces témoignages n’ont fait qu’accentuer la polémique autour de la réaction des forces de l’ordre.