Etats-Unis: Hillary Clinton ne sera pas inculpée pour ses emails

Accusée d'avoir utilisé des serveurs et une messagerie d'emails privés quand elle dirigeait le département d'Etat, bien qu'elle ait fait preuve d'une négligence extrême. Or, il n'y aurait pas suffisamment de preuves pour établir que des informations classées confidentielles ont été échangées par email.
07 juil. 2016, 18:35
Le FBI n'inculpera pas Hillary Clinton, malgré sa négligence extrême.

La justice américaine ne lancera pas de poursuites contre Hillary Clinton. La candidate démocrate à la Maison Blanche était accusée d'avoir utilisé des serveurs et une messagerie d'emails privés quand elle dirigeait le département d'Etat.

La ministre de la justice Loretta Lynche a "accepté les recommandations unanimes" du FBI et des procureurs chargés de l'enquête "selon lesquelles l'enquête fouillée est désormais close et qu'elle ne déclenchera pas de poursuites", a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué. L'investigation s'est étalée sur une année.

Cette décision de la justice américaine était attendue. Mme Lynch avait prévenu vendredi qu'elle se rangerait aux recommandations de la police fédérale et des procureurs impliqués dans l'enquête. Par cette manoeuvre, elle souhaitait écarter tout soupçon d'interférence politique dans ce dossier ultra-sensible, susceptible de faire dérailler la course vers la Maison Blanche de Mme Clinton.

"Négligence extrême"

Le FBI avait recommandé mardi de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour l'usage de ses emails hébergés sur des serveurs privés en transmettant à la justice son dossier d'enquête. Ce dernier concluait toutefois que l'ex-secrétaire d'Etat avait fait preuve d'une "négligence extrême".

Certains des emails envoyés par Mme Clinton en utilisant un serveur privé étaient classés "secret". Des "personnes mal intentionnées" tels des espions étrangers ont théoriquement pu y avoir accès, avait précisé le patron du FBI, James Comey. L'ancienne responsable de la diplomatie américaine n'a, selon lui, cependant "pas eu l'intention" de violer la loi.

Pas de preuves suffisantes

Jeudi, M. Comey a été soumis au feu roulant des questions d'une commission parlementaire du Congrès. Il a âprement défendu sa recommandation.

"Comme je l'ai dit, j'ai conclu qu'il existait des preuves d'une grande négligence (de Mme Clinton), mais je ne trouve pas de preuves suffisantes pour établir que la secrétaire Clinton ou ceux avec qui elle correspondait échangeaient des informations classées confidentielles par email en sachant à l'époque qu'ils étaient en train de violer la loi", a-t-il déclaré.

 

Le patron du FBI a affirmé qu'Hillary Clinton n'avait pas menti lorsqu'elle avait été interrogée par le bureau fédéral sur la manière dont elle avait géré sa messagerie électronique personnelle et qu'elle n'avait pas enfreint la loi.

James Comey a en outre estimé qu'aucun procureur raisonnable n'engagerait des poursuites contre l'ancienne secrétaire d'Etat et ne considérerait comme un crime le fait qu'elle ait transmis des informations confidentielles via sa messagerie personnelle non sécurisée lorsqu'elle était en fonction.

Républicains déterminés

Jugeant qu'Hillary Clinton avait bénéficié d'un traitement de faveur de la part du FBI, le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan avait dit la veille que les élus conservateurs cherchaient un moyen de donner une suite à cette affaire qui empoisonne la campagne de l'ex-secrétaire d'Etat.

Son probable adversaire républicain à la présidentielle, Donald Trump, s'est emparé de ce sujet pour affirmer que l'ancien Première dame des Etats-Unis n'était pas soumise aux mêmes lois que le commun des Américains.

 

"Hillary Clinton est incapable de protéger sa messagerie, ça vous le savez. Il est certain qu'elle est diablement incapable de protéger ce pays", a lancé le magnat lors d'un récent meeting de campagne à Raleigh en Caroline du Nord.