Financement par le pétrole: les Américains et les Russes veulent assécher l'Etat islamique

Avec un chiffre d'affaires quotidien estimé entre 850'000 et 1,65 million de dollars, le pétrole représente une part considérable du financement de l'Etat islamique. Américains et Russes comptent empêcher l'EI de tirer des ressources de ces ventes ou d'accéder aux marchés financiers internationaux.

02 déc. 2015, 08:12
Les raffineries détenues par l'EI sont régulièrement prises pour cible par les frappes aériennes occidentales.

La Russie et les Etats-Unis travaillent au Conseil de sécurité sur de nouvelles résolutions pour asphyxier financièrement l'Etat islamique, ont indiqué mardi des diplomates. L'ONU estime que les ventes de pétrole rapportent entre 850'000 et 1,65 million de dollars par jour aux djihadistes.

L'ambassadrice américaine Samantha Power a précisé que Washington voulait "consolider et rationaliser les efforts du conseil sur le financement de l'EI", dont une précédente résolution datant de février dernier. Il s'agit aussi de prendre "de nouvelles mesures pour rendre plus efficaces les sanctions" contre ceux qui aident l'EI à se financer.

Les Etats-Unis, qui président l'organe en décembre, espèrent faire aboutir cette initiative autour du 17 décembre. Washington, a ajouté Mme Power, a aussi reçu un projet de résolution russe en ce sens "à la fin de la semaine dernière" et l'examine.

Un même objectif

"Une bonne partie des efforts de la Russie vis-à-vis de l'EI, a-t-elle expliqué, se concentre sur le financement et sur la nécessité d'empêcher l'EI de tirer des ressources des ventes de pétrole ou d'accéder aux marchés financiers internationaux".

La Russie et les Etats-Unis "partagent un même objectif", a assuré l'ambassadrice, sans toutefois indiquer si les deux pays pouvaient se mettre d'accord sur un texte commun.

Elle a rappelé que le Conseil de sécurité avait déjà adopté en février une résolution sanctionnant les individus ou entités qui financent l'EI en lui achetant du pétrole ou des objets archéologiques volés en Syrie et en Irak.

"Il est important que cette obligation légale soit transcrite dans les faits", a-t-elle ajouté. Il faudrait notamment "des échanges informations" entre services de renseignements. De son côté, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a indiqué que la Russie souhaitait "renforcer la résolution" de février.

Ces initiatives interviennent au moment où le président russe Vladimir Poutine accuse le gouvernement turc de couvrir le trafic de brut organisé par l'EI des puits que celui-ci contrôle en Syrie et en Irak, une accusation rejetée par Ankara.