France: 84'000 ''gilets jaunes'' dans les rues pour le dixième acte

Toutes les mesures proposées par le gouvernement n'y changent rien. Les ''gilets jaunes'' se sont à nouveau donnés rendez-vous, ce samedi, dans les rues de France. 84'000 personnes étaient recensées à travers le pays.

19 janv. 2019, 10:10
/ Màj. le 19 janv. 2019 à 23:14
Les organisateurs du mouvement espéraient une très forte mobilisation partout en France.

Des dizaines de milliers de ‘’gilets jaunes’’ ont manifesté pour le dixième samedi consécutif à travers la France, malgré le lancement par le président Emmanuel Macron du "grand débat". Quelques heurts, parfois violents, ont eu lieu, notamment à Bordeaux (sud-ouest).

Quelque 84'000 ‘’gilets jaunes’’ ont manifesté à travers le pays, comme la semaine précédente, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

La mobilisation était en léger recul à Paris, avec 7’000 manifestants, contre 8’000 samedi dernier, selon la même source. Le décompte des autorités est contesté par les manifestants depuis le début de ce mouvement social inédit lancé le 17 novembre.

 

 

"Macron démission !" pouvait-on entendre dans le cortège à Paris. "Grand débat l'arnaque", accusait une pancarte de tête. La manifestation n'a donné lieu qu'à quelques heurts dans l'après-midi dans le quartier des Invalides, la police recourant au canon à eau et aux gaz lacrymogènes avant le retour au calme.

Heurts en province

Des heurts plus sérieux ont eu lieu en province, notamment à Bordeaux, où, en marge d'une manifestation de 4’000 personnes, des journalistes ont notamment vu de jeunes hommes masqués et très organisés utiliser disqueuses et marteaux pour déterrer, casser et transporter des pavés destinés à servir de projectiles.

Au moins cinq voitures ont été brûlées en centre-ville. Les forces de l'ordre ont procédé à 49 interpellations.

 

 

Des heurts plus ou moins violents ont aussi eu lieu notamment à Angers (ouest), Rennes (ouest), Rouen (nord-ouest), Caen (nord-ouest), Nancy (est), Lyon (centre-est), Toulouse (sud-ouest), où un record de 10'000 manifestants a été enregistré par la police.

Scepticisme sur le débat

"Le grand débat n'aboutira à rien. On fait parler les gens pour qu'ils se calment, mais c'est le système qu'il faut changer", a dit Paul Merluzzo, 56 ans, manifestant à Nancy.

Le nombre de manifestants, qui n'a pas reflué depuis le samedi précédent, n'augure pas d'un grand effet, sur les manifestants les plus déterminés, du "Grand débat national" lancé par le président Macron afin de juguler la crise sociale, la pire depuis son élection en 2017.

La journée de mobilisation du 12 janvier, avec plus de 80'000 manifestants recensés par les autorités, avait douché les espoirs du gouvernement, qui misait sur l'essoufflement du mouvement observé lors des Fêtes de fin d'année.