France: François Fillon accablé par de nouvelles révélations du Canard enchaîné

Après l'affaire d'emploi présumé fictif de sa femme, puis celle de costards qui lui ont été offerts, une nouvelle accusation vient accabler le candidat à la présidentielle française. Le Canard enchaîné affirme mardi que François Fillon a touché de l'argent pour présenter un industriel à Vladimir Poutine.
21 mars 2017, 19:54
François Fillon a été mis en examen le 14 mars pour "détournement de fonds publics"

François Fillon aurait reçu 50'000 dollars, par le biais de sa société de conseil, d'un industriel libanais pour lui présenter le président russe Vladimir Poutine et le PDG de Total. Ces nouvelles révélations du Canard enchaîné à paraître mercredi s'ajoutent à la liste des affaires qui plombent la campagne du candidat à l'Elysée.

M. Fillon aurait joué ce rôle d'intermédiaire le 19 juin 2015 à l'occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, précise l'hebdomadaire satirique. Quelques jours auparavant, François Fillon, alors député de Paris, aurait signé un contrat avec la société de l'industriel libanais.

Il s'engageait à lui présenter des dirigeants russes, algériens, gabonais, ivoiriens et français. Il aurait finalement organisé à Saint-Pétersbourg une rencontre avec Vladimir Poutine, puis dans la foulée avec le PDG de Total Patrick Pouyanné.

Outre la somme de 50'000 dollars, le contrat prévoyait un intéressement pour chaque marché conclu. Mais François Fillon n'a perçu aucune prime de résultat, selon le chargé de communication de l'industriel sollicité par Le Canard enchaîné. L'entourage du candidat n'était pas joignable dans l'immédiat.

"Demi-mensonge"

Après les emplois d'attachés parlementaires de ses proches et l'affaire "des costumes", le candidat de la droite et du centre à la présidentielle est l'objet de nouvelles révélations au sujet de sa société de conseil, 2F conseil, créée en 2012. L'hebdomadaire reconnaît que ces informations ne démentent pas les propos de François Fillon, mais parle de "demi-mensonge" ou "demi-vérité".

Lors d'une conférence de presse le 6 février, au début de l'affaire des emplois d'assistants parlementaires présumés accordés à son épouse et à ses enfants, François Fillon avait donné quelques noms de clients de sa société de conseil.

"La liste de mes clients ne comprend aucune entreprise russe, ni le gouvernement russe, ni aucun organisme de ce pays et toutes les conférences que j'ai données en Russie l'ont été à titre gratuit", avait-il dit.

Dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs de sa famille, François Fillon a été mis en examen le 14 mars pour "détournement de fonds public", "complicité et recel de détournement de fonds publics", "complicité et recel d"abus de bien sociaux". Il doit répondre aussi de "manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique".

Des costards pour Moscovici

Une autre révélation du Canard de mercredi touche au même sujet, même si elle ne concerne pas la présidentielle française. Le journal satirique affirme que le commissaire européen français Pierre Moscovici s'est lui aussi fait offrir des costumes de luxe par un ami chez le tailleur parisien habillant François Fillon.

Selon l'hebdomadaire satirique, les faits sont antérieurs à 2012, à une époque où les parlementaires n'avaient pas à déclarer de tels dons aux autorités. Interrogé au sujet de l'article lors d'un point de presse avec le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, à la Commission européenne, à Bruxelles, Pierre Moscovici a affirmé de ne pas être gêné par ces informations.

"Ce n'est pas tout à fait le lieu pour parler de cette affaire, mais je ne suis pas du tout embarrassé par cela, dès lors que ce sont de vrais cadeaux par de vrais amis, dans un vrai cadre privé", a dit l'ancien ministre. A la question de savoir si ces dons étaient sans contrepartie, il a répondu: "Cela va de soi".