France: Jean-Marie Le Pen condamné pour ses propos sur les Roms

Encore une fois, le président d'honneur du Front National a été condamné par la justice française. Jean-Marie Le Pen s'en était attaqué à la communauté Rom en 2013. Il devra s'acquitter d'une amende.
27 févr. 2017, 15:59
/ Màj. le 27 févr. 2017 à 16:02
Jean-Marie le Pen a été condamné à au moins huit reprises depuis le début des années 1990.

La justice française a condamné lundi en appel Jean-Marie Le Pen à 5000 euros (5334 francs) d'amende. L'ancien dirigeant du Front national avait tenu en 2013 des propos discriminatoires sur les Roms, qualifiant leur présence de d'"urticante" et "odorante".

La cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a de nouveau reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour ces propos. En plus de son amende, M. Le Pen devra payer 2000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme et 1000 euros à la Ligue des droits de l'Homme, parties civiles.

S'exprimant au cours d'une conférence de presse, M. Le Pen avait déclaré: "Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n'est que le petit morceau de l'iceberg".

"Pas de haine"

"Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés", avait expliqué à la barre Jean-Marie Le Pen, 88 ans. "Leur présence est urticante pour la population, oui, les gens se plaignent", avait-il renchéri.

"Odorante, il suffit d'avoir visité un camp de Roms pour s'en rendre compte, olfactivement parlant", avait-il poursuivi, assurant être "payé pour dire ce que pensent les électeurs". "La haine est un sentiment qui m'est parfaitement étranger", avait assuré M. Le Pen.

"Je ne sais pas si la haine est un sentiment présent chez M. Le Pen. Ce n'est pas ce qu'on lui reproche, ce qu'on lui reproche, ce sont des propos qui sont de nature à jeter l'opprobre sur cette communauté", lui avait répondu l'avocat général.

"Dédiabolisation"

Celui qui est désormais président d'honneur du FN a été condamné à au moins huit reprises depuis le début des années 1990 pour des propos racistes ou négationnistes. Le Front national est présidé depuis 2011 par sa fille, Marine Le Pen, qui a engagé une stratégie de "dédiabolisation" de son image.

Cette approche a conduit à l'exclusion, en 2015, de Jean-Marie Le Pen pour avoir réitéré ses propos sur les chambres à gaz, qu'il qualifie de "détail" de l'histoire de la Deuxième guerre mondiale. M. le Pen a contesté cette décision devant les tribunaux, qui lui ont reconnu le droit de rester président d'honneur du parti.