France: la SNCF appelle à une grève de deux jours sur cinq étalée sur trois mois contre le projet du gouvernement

D'avril à juin, les syndicats de la SNCF appellent à une grève de deux jours sur cinq jours contre la réforme ferroviaire prévue par le gouvernement.

16 mars 2018, 08:19
Le patron de la SNCF Guillaume Pepy veut négocier un "pacte d'entreprise".

 L'intersyndicale des cheminots a opté jeudi pour un mouvement dur, une grève au rythme de "deux jours sur cinq" d'avril à juin, contre la réforme de la SNCF que l'exécutif français entend mener tambour battant par ordonnances.

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté réelle de négocier" et "porte la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, principal syndicat de la SNCF, après plus de deux heures de réunion avec les trois autres syndicats représentatifs du groupe, l'Unsa, SUD-Rail et la CFDT Cheminots.

C'est "une mobilisation innovante", a souligné Didier Aubert (CFDT Cheminots, 4e syndicat). La grève doit courir du 3 avril au 28 juin, c'est-à-dire comprendre les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève s'étalera sur 36 jours.

 

 

"Clairement, on attend une ouverture de la part du gouvernement (...) S'il veut éviter ça, c'est au gouvernement d'ouvrir des négociations", a insisté M. Aubert.

Estimant la grève "un peu décalée par rapport à la concertation qui est engagée" avec le gouvernement, le patron de la SNCF Guillaume Pepy a assuré au journal télévisé du soir de TF1 que c'était "une mauvaise nouvelle, une mauvaise chose pour les 4,5 millions de Français qui prennent le train tous les jours".

 

 

La ministre des Transports Elisabeth Borne a déploré sur BFMTV une "décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers", la jugeant "incompréhensible".

Dans la matinée, les dirigeants de la SNCF lui avaient remis un "programme de travail" contenant sept piliers, bases du "projet stratégique" qu'ils doivent présenter en juillet. Le Premier ministre Edouard Philippe a demandé à la SNCF d'"aligner ses coûts sur les standards européens", quand "faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs".