Grande-Bretagne: le procès à scandale des écoutes téléphoniques s'ouvre lundi

L'explosif procès du scandale des écoutes téléphoniques lié à l'ex-tabloïd "News of the World" (NotW) s'ouvre lundi à Londres. Huit accusés seront entendus par la justice britannique.

27 oct. 2013, 09:17
Huit accusés liés à l'ex-tabloïd britannique "News of the World" (NotW)– ici l'ex-rédactrice en cheffe, Rebekah Brooks – comparaissent à partir de lundi à Londres dans le procès explosif du scandale des écoutes téléphoniques. L'affaire avait ébranlé l'empire Murdoch et au-delà toute la presse et la classe politique au Royaume-Uni.

Huit accusés liés à l'ex-tabloïd britannique "News of the World" (NotW) comparaissent à partir de lundi à Londres dans le procès explosif du scandale des écoutes téléphoniques. L'affaire avait ébranlé l'empire Murdoch et au-delà toute la presse et la classe politique au Royaume-Uni.

Les audiences pourraient s'étaler sur quatre mois et s'annoncent sensibles politiquement, étant donné la personnalité des accusés. Les deux principaux, Rebekah Brooks et Andy Coulson, deux ex-rédacteurs en chef du tabloïd fermé en 2011, sont aussi d'anciens proches du premier ministre David Cameron.

Ils sont poursuivis pour avoir illégalement mis sur écoute les téléphones portables de plus de 600 personnes, des célébrités comme l'ancien Beatle Paul McCartney mais aussi des gens ordinaires impliqués dans des faits divers.

Tous deux sont également accusés d'avoir versé des pots-de-vin à des fonctionnaires pour obtenir des informations.

Jurés triés sur le volet

Le procès ouvre formellement lundi devant le tribunal d'Old Bailey à Londres, mais la première journée devrait être consacrée à la sélection des jurés avant d'entrer dans le vif des débats. Si le procès promet de susciter un fort intérêt médiatique, les caméras de télévision sont, comme de coutume, tenues à l'écart de la salle d'audience.

Et si les écoutes sont un sujet éminemment politique, les députés ont été priés de s'abstenir de commenter le procès lors de leurs débats, généralement hauts en couleur, à la Chambre des communes.

Les huit accusés, qui plaident tous non coupables, comparaissent libres.

Ancienne rédactrice en chef des tabloïds "News of the World" (NotW) et "Sun", puis directrice exécutive de la division britannique de l'empire Murdoch, Rebekah Brooks, 45 ans, est la plus sévèrement mise en cause. Outre les accusations d'écoutes et de corruption, elle est soupçonnée d'avoir caché des documents aux policiers.

Corruption

Son mari Charlie Brooks, 50 ans, son assistante personnelle Cheryl Carter, 49 ans, et l'ancien chef de la sécurité de News International Mark Hanna, 50 ans, sont aussi poursuivis pour dissimulation de preuves.

Autre personnalité de premier plan, Andy Coulson, 45 ans, a été le conseiller médias de David Cameron de 2007 à 2011, après son passage au "NotW". Il lui est notamment reproché alors qu'il était patron de la rédaction, d'avoir payé des fonctionnaires pour obtenir un annuaire contenant les coordonnées téléphoniques de membres de la famille royale.

Deux autres anciens responsables du tabloïd, Stuart Kuttner et Ian Edmondson, ainsi que l'ancien correspondant royal Clive Goodman, seront également sur le banc des accusés.

La retentissante affaire du "phone hacking" a culminé en juillet 2011. Rupert Murdoch avait alors dû fermer précipitamment le "News of the World", plus gros tirage de la presse anglaise et vieux de 168 ans, après la révélation que le téléphone portable de Milly Dowler, une jeune fille disparue et finalement retrouvée assassinée, avait été mis sur écoute par le journal.

Ribambelle de victimes

Le scandale a abouti à une longue enquête publique sur les pratiques de la puissante presse britannique. Au nombre des victimes, Hugh Grant et une ribambelle d'autres victimes d'intrusions de la presse tabloïde sont venus livrer leur expérience.

Pour le groupe News Corp de Rupert Murdoch, l'affaire des écoutes a coûté des millions de livres en indemnisations, versées aux victimes. En outre, le magnat australo-américain a depuis le scandale scindé son empire en deux. Il a séparé les activités de presse de l'entité audiovisuelle.

Un deuxième procès impliquant cette fois plusieurs journalistes de l'autre tabloïd de M. Murdoch, "The Sun", est prévu pour février 2014.