Homosexualité: l'Eglise défend son autonomie

Le Saint-Siège a défendu mercredi "l'autonomie" de l'Église et des religions par rapport à l'État sur des questions comme l'avortement et l'homosexualité.

16 janv. 2013, 16:48
Le Vatican a décidé qu'il conserverait son autonomie sur les questions d'homosexualité.

Le Saint-Siège a défendu mercredi "l'autonomie" de l'Eglise et des religions par rapport à l'Etat sur des questions "moralement controversées" comme l'avortement et l'homosexualité. Rome réagissait à des jugements de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

De manière assez inhabituelle, le Vatican a publié une longue note de sa représentation auprès du Conseil de l'Europe à Strasbourg sur "la liberté et l'autonomie institutionnelle de l'Eglise".

Mardi, la Cour européenne a condamné la Grande-Bretagne pour avoir interdit le port du crucifix à une hôtesse de l'air, mais elle a condamné le port d'un signe religieux dans une autre affaire. Elle a aussi débouté deux autres Britanniques qui défendaient leur droit de ne pas célébrer d'unions civiles homosexuelles au nom de leur foi.

"Sur des sujets moralement controversés, comme l'avortement ou l'homosexualité, la liberté des consciences doit être respectée", a jugé mercredi sur "Radio Vatican" Mgr Dominique Mamberti, le "ministre" des affaires étrangères du Vatican, rappelant "l'objection de conscience" défendue par le pape Benoît XVI.

"L'Eglise et la communauté politique ne peuvent pas s'ignorer l'une l'autre", remarque la note du Saint-Siège. Cette prise de position intervient alors que l'Eglise dit regretter que les gouvernements occidentaux ignorent ses avis sur les grandes réformes éthiques.

Respect demandé

"S'agissant, ajoute Rome, des domaines dont la finalité est à la fois spirituelle et temporelle, comme le mariage ou l'éducation des enfants, l'Eglise considère que le pouvoir civil doit exercer son autorité en veillant à ne pas nuire au bien spirituel des fidèles".

Le texte relève enfin que "l'Eglise ne demande pas que les communautés religieuses soient des zones de non-droit".

"L'Etat doit assurer le respect par ces communautés de la morale et de l'ordre public juste": il a la charge de veiller "en particulier à ce que les personnes ne soient pas soumises à des traitements inhumains ou dégradants, ainsi qu'au respect de leur intégrité physique et morale', affirme le document. Le texte fait allusion aux abus pédophiles ou sectaires, dont des groupes religieux, y compris catholiques, se sont rendus coupables à large échelle.

"En dehors de ces cas, il appartient aux autorités civiles de respecter" l'autonomie de ces communautés, martèle le Vatican.

Rome souligne enfin que "le christianisme, à la différence d'autres religions, ne comporte pas de prescriptions religieuses formelles (alimentaires ou vestimentaires) susceptibles de heurter la morale et d'entrer en conflit avec le droit d'un Etat religieusement neutre".