Hongrie: la détention automatique des migrants entre en vigueur

Tour de vis en Hongrie. Tous les migrants seront désormais détenus systématiquement. Concrètement, les demandeurs d'asile seront regroupés dans des camps fermés à la frontière serbe.
28 mars 2017, 16:03
Les camps seront installés à la frontière avec la Serbie.

La loi hongroise de mise en détention systématique des migrants est entrée en vigueur mardi, malgré les vives critiques des ONG de défense des droits de l'homme. L'Union européenne (UE) a appelé de son côté au respect de ses "principes" humanitaires.

Selon la nouvelle législation, tous les demandeurs d'asile présents en Hongrie ou y arrivant doivent être regroupés dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa, a précisé le ministère de l'Intérieur.

"A partir d'aujourd'hui, les zones de transit élargies fonctionnent 24 heures sur 24 pour les demandeurs d'asile", a annoncé György Bakondi, conseiller du Premier ministre Viktor Orban pour les affaires de sécurité intérieure.

Confort moderne

La mesure vise à "empêcher les migrants dont le statut n'est pas clairement défini de se déplacer librement sur le territoire national et au sein de l'Union européenne, et donc de réduire les risques sécuritaires liés aux migrations", selon le ministère.

Les camps ont été équipés de 324 conteneurs habitables. Les migrants devront y séjourner dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile. Il ne leur sera possible de quitter les lieux qu'en cas d'avis positif ou s'ils retournent en Serbie, selon cette source.

La loi, adoptée le 7 mars à l'instigation de M. Orban, a été dénoncée par plusieurs ONG ainsi que par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), qui a relevé qu'elle "viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes" en matière d'asile.

Le gouvernement hongrois a assuré que les camps, qui ne sont pas ouverts à la presse, sont dotés d'équipements de confort moderne et que leurs occupants bénéficieront de trois repas par jour ainsi que d'un accès aux soins et aux moyens de télécommunication.