L'annonce du rebond économique s'accompagne de tensions politiques

Le rebond de l'économie s'amorce mais son dynamisme va dépendre des réformes que les dirigeants politiques seront prêts à mener à plus long terme. La 43e édition du WEF, qui s'est refermée samedi soir à Davos (GR), aura montré que cette incertitude s'accompagne de nouvelles tensions politiques dans le monde.

27 janv. 2013, 19:48
Le premier ministre britannique David Cameron s'entretient avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon.

Meilleur exemple de ce constat, le premier ministre britannique David Cameron a mis son pays et l'UE au centre des discussions au Forum économique mondial (WEF). Venu en président du G8 plaider notamment pour la lutte contre l'évasion fiscale, il aura davantage attiré l'attention sur la place de son pays dans le processus d'intégration européenne.

Plusieurs de ses homologues européens, de l'Italien Mario Monti à l'Irlandais Enda Kenny, dont le pays assure la présidence de l'UE, ont souhaité que les Britanniques restent membre. Londres ne veut pas intégrer la zone euro, ni d'une Europe davantage politique.

Mais la zone euro n'est pas exclusive et des coopérations renforcées sont possibles sur des réformes, a rétorqué la chancelière allemande Angela Merkel.

Appel à des réformes

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi prévoit une reprise économique en Europe pour la seconde partie de l'année. Les mesures décidées en 2012 vont être mises en oeuvre, comme l'Union bancaire avec le mécanisme de surveillance unique des banques de la zone euro. La fiscalité et la poursuite de la  consolidation budgétaire ont été évoquées.

Mais aussi bien les dirigeants politiques qu'économiques s'accordent sur le besoin, comme ailleurs dans le monde, de réformes structurelles. Les responsables politiques misent sur des mesures dans des domaines comme l'éducation, l'efficacité énergétique, les retraites ou encore les infrastructures.

D'autant plus que la BCE ne devra pas à l'avenir réparer le «manque de compétitivité politique», a estimé Mme Merkel. Compétitivité qui aura constitué, avec la poursuite de l'ouverture économique, l'un des éléments clés du WEF. Une tentative d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis est une priorité de nombreux dirigeants européens.

Besoins de réformes en Chine

L'UE est par ailleurs critiquée par la Russie, qui assure la présidence du G20. Si l'avenir de l'économie russe inquiète, le premier ministre Dmitri Medvedev souhaite renforcer la concurrence dans son pays, notamment entre les partis politiques, et veut améliorer le fonctionnement des organes publics.


L'Asie aussi préoccupe. Au-delà des différents théâtres de rivalité sur le continent, les tensions se déplacent sur le terrain économique. Le nouveau gouvernement japonais de Shinzo Abe est venu expliquer ses assouplissements monétaires. Des mesures qui inquiètent des Etats dans d'autres régions du monde.

L'économie chinoise deviendra dans quelques années la plus importante dans le monde. Mais elle n'est pas pour autant épargnée par les besoins de réforme. Des appels à la coopération et à l'ouverture auront été lancés à Davos, dont l'idée d'une «feuille de route globale» commnune entre la Chine et les Etats-Unis.

Et Pékin a répondu par la volonté d'ouvrir davantage encore son marché intérieur, alors que sa croissance devrait remonter à 8 %.

Economie africaine en progression

Comme en Chine, la croissance économique reste élevée en Afrique. L'intégration économique doit se poursuivre pour faciliter l'investissement, ont estimé plusieurs intervenants.

Plusieurs dirigeants arabes ont de leur côté demandé davantage de temps pour adopter les réformes après les révolutions. Alors que la Syrie n'en est pas encore là, certains souhaitent s'impliquer pour tenter de trouver une solution politique.

Globalement, les représentants de monde de l'économie et de la finance commencent eux à être rassurés par le contexte économique, mais restent en alerte.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde aura notamment répété l'importance de la consolidation budgétaire. Et les financiers ne sont pas satisfaits par la régulation bancaire qu'ils souhaitent en majorité plus globale. Et certains d'entre eux aussi d'appeler à des mesures gouvernementales sur le sujet.