L'Inde et le Pakistan veulent éviter l'escalade

L'Inde et le Pakistan veulent éviter l'escalade de la violence après la mort de deux soldats indis dans une région frontalière au Cachemire.

09 janv. 2013, 18:02
La région frontalière du Cachemire est sujette à d'importantes tensions.

L'Inde a convoqué mercredi l'ambassadeur du Pakistan après la mort de deux soldats indiens, dont l'un a été décapité, au cours d'un incident frontalier dans la région disputée du Cachemire. Mais les deux puissances nucléaires rivales ont dit vouloir éviter toute escalade.

L'armée indienne affirme que les soldats ont été tués mardi dans des échanges de coups de feu après qu'une patrouille a découvert des militaires pakistanais ayant pénétré à environ 500 mètres à l'intérieur du territoire. Islamabad dément l'échange de tirs et la mort des deux soldats.

Selon le chef de la diplomatie indienne, Salman Khurshid, l'ambassadeur du Pakistan à New Delhi, Salman Bashir, s'est fait tancer "en des termes très forts" à l'occasion de sa convocation au ministère des Affaires étrangères. M. Khurshid a toutefois assuré pendant une conférence de presse que "quoi qu'il se soit passé, il ne devrait pas y avoir d'escalade".

"Nous ne pouvons et ne devons pas permettre une escalade après un événement très malsain", a-t-il plaidé, dans un contexte où les deux pays reprennent un dialogue de paix gelé après les attentats de Bombay en 2008. Ce nouvel incident, selon lui, s'apparente à une "claire tentative pour faire dérailler le dialogue", qui a été rétabli en 2011.

L'Inde est indignée

Un porte-parole de l'armée indienne, Jagdeep Dahiya, a officiellement confirmé que l'un des deux soldats avait été décapité mardi. "Ils ont emporté la tête", s'est-il-insurgé. Des officiers indiens de haut rang qui se sont rendus sur le site de l'attaque ont affirmé qu'il y avait en outre eu une tentative d'emmener la tête du second militaire tué.

Signe de la volonté des soldats déployés sur le terrain de procéder à des représailles, il a ajouté que, pour eux, c'était "maintenant une question de prestige, le bataillon doit retrouver son honneur".

Le ministre indien de la Défense, A.K. Antony, a, quant à lui, fait part de son indignation. "L'action de l'armée pakistanaise est hautement provocante. La façon dont elle a traité les corps des soldats, des soldats indiens, est inhumaine", a-t-il ainsi réagi.

"Nous transmettrons nos protestations au gouvernement pakistanais et notre directeur général des opérations militaires s'adressera à son homologue au Pakistan. Ils surveillent étroitement la situation", a dit le ministre.

Les corps des deux soldats ont été transportés dans un hôpital militaire à Rajouri, dans le nord de l'Inde, selon l'armée.

Le Pakistan parle de propagande

Tout en continuant à démentir l'attaque, le Pakistan a mis en garde contre de nouvelles tensions.

Se disant "consternée" par certaines allégations faites en Inde, la ministre pakistanaise des Affaires étrangères, Hina Rabbani Khar, a assuré sur la chaîne de télévision indienne CNN-IBN que le Pakistan était "un pays responsable, mature, et nous ne devons pas retourner au temps où nous nous disputions".

Islamabad assurait toutefois que les déclarations indiennes sur l'incident frontalier étaient de la "propagande" visant à détourner l'attention après des échanges de coups de feu dimanche à la frontière qui se sont soldés par la mort d'un soldat pakistanais.

Le Pakistan a en outre suggéré l'organisation d'une enquête indépendante par l'ONU pour faire la lumière sur les récents échanges de tirs.

Un territoire convoité

Selon l'armée indienne, l'incident s'est produit mardi dans le secteur de Mendhar, à environ 170 kilomètres à l'ouest de Jammu, capitale d'hiver du Cachemire indien, région en majorité musulmane.

Un cessez-le-feu a été instauré en 2003 le long de la ligne de contrôle, mais il est périodiquement violé par les deux camps. L'Inde et le Pakistan revendiquent tous deux le Cachemire, dont ils administrent chacun une partie.