La France dit oui au mariage gay: les réactions sont contrastées

Par 331 voix contre 225, les députés français ont dit oui au projet de loi qui ouvre le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. La France devient ainsi le quatorzième pays à avoir franchi le pas.

23 avr. 2013, 19:02
Des militants célèbrent le vote de l'Assemblée nationale.

Le texte a été approuvé par 331 voix contre 225 et 10 abstentions, a annoncé le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone sous les acclamations des élus de gauche, qui scandaient "égalité, égalité".

Le président François Hollande doit encore promulguer le texte, qui permettra aux premières unions de se conclure dès cet été. Mais l'opposition ne désarme pas: les sénateurs de droite ont annoncé la saisine du Conseil constitutionnel pour contester la conformité de la loi avec la Constitution française et le droit international.

Deux manifestants ont tenté de déployer une banderole au sein de l'hémicycle dans les tribunes du public avant d'être évacués, provoquant l'ire du président Claude Bartolone:

Manifestations en soirées

Un rassemblement des associations homosexuelles devait se tenir en fin d'après-midi près de la mairie de Paris, pour dénoncer une montée de "l'homophobie" et déplorer que la loi, qui ouvre le droit à l'adoption, ne prévoit pas la procréation médicalement assistée pour les lesbiennes.

Les opposants rassemblés dans le collectif "La manif pour tous" de la médiatique Frigide Barjot s'étaient eux donnés rendez-vous non loin de l'Assemblée nationale. Ils comptent proposer la solution de l'union civile qui, contrairement au mariage, n'aurait pas de conséquence sur la filiation.

Réactions contrastées

La ministre de la Justice Christiane Taubira a dit sa "fierté" d'avoir porté ce texte. Elle s'est aussi adressée aux jeunes homosexuels "désemparés" par la montée du climat d'homophobie qui a accompagné le débat dans le pays.

Les associations homosexuelles ont salué "une libération après des années de mobilisation pour l'égalité".

Quatorzième pays

Pionniers en la matière, les pays du nord de l'Europe. Le Danemark avait autorisé les unions civiles entre personnes du même sexe en 1989 déjà. Il ne leur a cependant autorisé le mariage qu'en juin 2012 à l'Eglise luthérienne d'Etat.

Les Pays-Bas se sont dotés d'une loi en 2001 mettant sur un pied d'égalité homosexuels et hétérosexuels, tant pour le mariage que pour l'adoption. Situation similaire en Islande depuis 2010. La loi norvégienne, adoptée en 2009, permet également la fécondation assistée. La Suède autorise quant à elle le mariage religieux.

Ailleurs en Europe, les couples homosexuels belges sont autorisés à se marier depuis juin 2003 et à adopter depuis 2006. En Espagne, le mariage gay a été légalisé en 2005, tandis que l'adoption est ouverte à tous les couples, mariés ou non. Le Portugal est plus évasif. Sa loi de 2010 modifie la définition du mariage en supprimant la référence au "sexe différent". Le texte exclut cependant le droit à l'adoption.

La question fait encore débat en Grande-Bretagne, où les députés se sont prononcés en février en faveur d'un projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe. Et à l'instar de la Suisse depuis 2007, l'Allemagne, la République tchèque et l'Irlande notamment ne reconnaissent que les unions civiles.