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La paralysie budgétaire américaine joue les prolongations

La paralysie budgétaire aux États-Unis pourrait bien se prolonger jusqu'au relèvement de la dette.

04 oct. 2013, 06:47
Avec le ?shutdown? décrété aux États-Unis,  800 000 fonctionnaires ont été  renvoyés à la maison. De nombreux monuments ou musées  sont fermés aux touristes.

La paralysie budgétaire américaine pourrait se prolonger jusqu'à la date butoir fixée pour le relèvement du plafond de la dette fédérale. La décision est nécessaire pour éviter un éventuel défaut du Trésor sur ses engagements et une rechute en récession de l'économie.

Le président américain Barack Obama a annulé sa participation au sommet de l'APEC (Asie-Pacifique) à Bali, en raison de la crise budgétaire aux Etats-Unis, a indiqué vendredi la présidence indonésienne. Il avait déjà renoncé aux étapes prévues en Malaisie et aux Philippines.

"Les deux questions sont en train de converger", a déclaré mercredi Paul Ryan, le président républicain de la commission des Finances de la Chambre des représentants.

M. Ryan, candidat malheureux à la vice-présidence américaine en 2012, veut croire que cette perspective est positive et qu'elle obligera démocrates et républicains à revenir à la table des négociations. Le plafond de la dette "sera le catalyseur pour nous rapprocher", a-t-il ajouté.

Mais cela signifie aussi que la fermeture partielle des services fédéraux pourrait durer jusqu'à la mi-octobre, la date butoir pour le relèvement du plafond de la dette étant fixée au 17 octobre.

Aucun terrain d'entente sur le budget n'a pu être trouvé jeudi au troisième jour de la fermeture partielle des services fédéraux lors d'une réunion présidée par Barack Obama à la Maison Blanche.

"En guerre"

Pendant les discussions, le président américain a prévenu qu'il n'entendait pas négocier tant sur un budget fédéral provisoire que sur le relèvement du plafond de la dette.

"Cela devient vraiment très compliqué. Les partis sont maintenant littéralement en guerre l'un contre l'autre", a résumé Sean West, analyste politique de la société de conseil Eurasia Group.

En échange de leur feu vert budgétaire, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, veulent obtenir le report de l'application de la réforme de l'assurance-maladie entrée en vigueur mardi, mais Barack Obama et les démocrates, majoritaires au Sénat, refusent ce qu'ils qualifient de chantage.

"Je voudrais pouvoir être optimiste, mais je pense que nous allons directement au 15 ou au 16 octobre sans accord", a prévenu Greg Valliere, membre du Potomac Research Group, une société de conseil spécialiste de la politique américaine.

Peter King, un républicain modéré, élu de New York, ne cache pas sa crainte de voir les plus conservateurs - les membres de la mouvance du "Tea Party", qui ont poussé à la confrontation avec la Maison Blanche - exiger des concessions supplémentaires à l'occasion du débat sur le plafond de la dette.

"Faire défaut"

"Je serais très inquiet" si cela se produisait, a-t-il dit, ajoutant: "Je ne sais pas s'ils réalisent ce que cela signifie de faire défaut".

Sa collègue démocrate Louise Slaughter, également représentante de l'Etat de New York, s'inquiète des conséquences préjudiciables d'un blocage sur le relèvement du plafond de la dette, actuellement fixé à 16'700 milliards de dollars, sans exclure que les républicains n'en prennent le risque.

"Le pire qu'ils puissent faire, évidemment, serait de mettre à l'épreuve la confiance et le crédit dont jouissent les Etats-Unis d'Amérique ", a-t-elle dit à Reuters.

Pour certains républicains, les conséquences d'un non-relèvement du plafond de la dette sont telles que Barack Obama ne pourra pas continuer à refuser de négocier avec eux.

"Le gouvernement est fermé, mais le (non)-relèvement du plafond de la dette paralyserait l'économie toute entière", prévient le représentant républicain de l'Indiana Martin Stutzman, qui appartient à l'aile conservatrice.

Un non-relèvement du plafond de la dette exposerait l'économie américaine à une rechute en récession et les marchés financiers à un risque de déstabilisation, selon de nombreux analystes.

Perte du tripe A

Lorsque, à l'été 2011, le plafond de la dette avait été relevé un extremis n'évitant qu'à un ou deux jours près un défaut du Trésor américain, l'indice Dow Jones avait dévissé de près de 17% en trois semaines entraînant dans son sillage l'ensemble des bourses mondiales.

L'épisode avait conduit l'agence de notation Standard & Poor's à priver les Etats-Unis de leur triple A, provoquant un renchérissement des coûts de financement pour le Trésor évalué depuis à 1,3 milliard de dollars sur l'ensemble de 2011 par une étude gouvernementale.

Dans l'éventualité d'un non-relèvement du plafond de la dette, les dépenses de l'Etat fédéral devraient être entièrement couvertes par ses recettes, et en conséquence toute dépense supérieure aux recettes ne pourrait être honorée.

Pour l'exercice budgétaire commencé au 1er octobre, l'agence indépendante d'évaluation budgétaire du Congrès (CBO) projette des recettes de 3042 milliards de dollars et des dépenses de 3602 milliards, soit un déficit de 560 milliards (3,4% du produit intérieur brut).

 

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