Le pape François accepte la démission du cardinal Barbarin

C’est la fin de l’«affaire Barbarin». Le pape François a fini par accepter la démission du cardinal vendredi. Il l’avait refusée une première fois en mars 2019 lorsque Philippe Barbarin en avait fait la demande à l’issue de son procès en appel.

06 mars 2020, 12:29
Le 30 janvier, le cardinal Barbarin avait annoncé devant la presse qu'il remettrait une nouvelle fois sa démission au pape. (Archives)

Le pape François a accepté la démission du cardinal Philippe Barbarin, a annoncé vendredi l’administrateur apostolique du diocèse de Lyon, Michel Dubost. Mgr Barbarin avait été mis en cause pour ses silences sur les abus sexuels d’un ancien prêtre avant d’être relaxé.

«Cette démission n’est pas une surprise. (Mgr Barbarin) l’a annoncée, l’a réannoncée (…) mais pour autant nous sentons que nous vivons un moment très important pour le diocèse», a déclaré devant la presse Mgr Dubost, qui assurait au quotidien la gestion du diocèse depuis la mise en retrait du cardinal.

«Grande souffrance»

Dans une déclaration diffusée au même moment sur la chaîne catholique KTO, Mgr Barbarin a souligné que «ces quatre années ont été des années de grande, grande souffrance».

 

 

«Je pense qu’il y a une grande souffrance que d’abord les victimes ont portée et c’est vraiment d’abord pour elles qu’il faut prier. C’était des actes affreux et il est important qu’une page se tourne et que vienne quelqu’un qui parcoure une nouvelle étape avec tout le diocèse de Lyon», a-t-il expliqué.

Peu après l’annonce de sa relaxe par la cour d’appel de Lyon le 30 janvier, le prélat avait annoncé qu’il remettrait une nouvelle fois sa démission au pape pour permettre à l’Eglise de «tourner la page» de cette affaire symbole des défaillances de l’Eglise catholique face à la pédocriminalité dans ses rangs.

Le temps de la réflexion

Le pape François s’était laissé un délai de réflexion pour répondre à la nouvelle demande de démission. Se disant très attaché à la présomption d’innocence, il avait refusé qu’il démissionne en mars après sa condamnation en première instance, dans l’attente de la décision de la cour d’appel.

Après sa condamnation en première instance à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles commises par un prêtre du diocèse sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991, l’archevêque de Lyon s’était mis en retrait du diocèse.

A l’origine de l’affaire, l’ancien prêtre Bernard Preynat, défroqué l’été dernier, sera fixé sur son sort le 16 mars. Une peine d’au moins huit ans de prison a été requise à son procès devant le tribunal correctionnel pour les abus sexuels qu’il a reconnus avoir commis sur des scouts de 7 à 15 ans au moment des faits.