Le procès de "Dodo la Saumure" ouvert en Belgique

Le procès de Dominique Alderweireld, surnommé "Dodo la Saumure" a débuté jeudi en Belgique.
05 août 2015, 15:48
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Le procès pour proxénétisme du Français Dominique Alderweireld, dit "Dodo la Saumure", et de ses sept coïnculpés s'est ouvert jeudi au tribunal correctionnel de Tournai, dans l'ouest de la Belgique. Le patron de maisons closes a dénoncé un "procès en morale".

Après une courte audience préliminaire le 1er décembre, le tribunal a entendu cette fois tous les prévenus sur le fond de l'affaire.

"J'ai toujours reconnu les faits", s'est exclamé Dominique Alderweireld à la barre, mais "je trouve que c'est discriminatoire!". Un peu plus tôt, il avait dénoncé "un procès en morale et non pas en justice".

M. Alderweireld, qui doit répondre de la tenue de "maisons de débauche ou de prostitution", de "prostitution" et de "proxénétisme" entre 2000 et 2009, comparaissait libre après sa remise en liberté en janvier.

Son nom est également cité dans l'affaire de l'hôtel Carlton de Lille, dans laquelle l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn devrait être convoqué le 28 mars pour être inculpé, notamment pour complicité de proxénétisme.

"Rien d'illégal"

Dominique Alderweireld, surnommé "Dodo la Saumure" en référence au bain salé dans lequel sont plongés les maquereaux, tient depuis des années des "bars montants" et autres "salons de massage" dans plusieurs localités belges situées le long de la frontière française.

Chiffres à l'appui - "entre 400 et 3500 établissements en Belgique"- Dodo "voudrai(t) bien savoir pourquoi" il comparait. "Je suis venu ici parce que je savais que c'était admis en Belgique", a également expliqué le natif de la région lilloise.

Des arguments qui n'ont pas manqué d'agacer la présidente Marie-Paule Hatert: "Ici nous allons rendre un jugement, et nous nous cantonnons à ce dossier. Il y a un article de loi toujours existant en Belgique". "Ce qu'on vous reproche, c'est une forme de système", a-t-elle tancé.

En pantalon gris et blazer marine, le prévenu s'est défendu de façon véhémente contre les accusations, n'hésitant pas à demander à intervenir lorsque ses sept coïnculpés ont été auditionnés.

Aucun établissement fermé

Dominique Alderweireld a par ailleurs justifié la nature des contrats qu'il a fait signer aux "filles" de ses établissements. Il fallait selon lui "éviter tout lien de subordination".

"Je veux mettre l'accent sur le fait que j'ai essayé de légaliser, d'organiser mes structures", s'est défendu M. Alderweireld, qui s'est définit comme le responsable "légal".

La "question véritable" de ce dossier, pour Me Sorin Margulis, un des avocats de "Dodo", est celle de "l'insécurité juridique: chacun doit pouvoir, par rapport à la loi ou à la manière dont elle est appliquée, avoir un traitement égal", a-t-il expliqué après l'audience.

"La première chose que fait un parquet quand une activité est illicite, c'est de fermer l'établissement. Depuis 12 ans, aucun établissement n'a été fermé. On ne va pas laisser perdurer un délit", a ironisé "Dodo la Saumure", dans la salle des pas perdus.

5 à 10 ans de prison

Accusé d'avoir par ailleurs profité de la "situation vulnérable" de plusieurs prostituées et d'avoir été en possession ou vendu de la cocaïne, des accusations qu'il nie, "Dodo" encourt une peine de 5 à 10 ans de prison.

Les autres prévenus, accusés des mêmes faits, sont notamment sa compagne Béatrice Legrain - qui a reconnu avoir rencontré Dominique Strauss-Kahn lors d'un déjeuner libertin à Paris -, son ex-épouse Cécile Lerat ainsi qu'une ancienne compagne, Lucette Therasse.

Le réquisitoire aura lieu le 15 mars, suivi des plaidoiries le 22 mars.