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Les chaleurs de l'été 2003 vont devenir courantes

Cela semble désormais inévitable: lors des 30 prochaines années, les vagues de chaleurs seront plus fortes et leur fréquence augmentera.

15 août 2013, 14:10
Les vagues de chaleurs exceptionnelles comme celle connue en 2013 deviendront plus fréquentes à l'avenir.

Quels que soient les efforts déployés pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES), des vagues de chaleur plus fortes et plus fréquentes sont inévitables ces 30 prochaines années, affirme jeudi une étude. Or de tels événements ont un fort impact climatique, rapporte une autre équipe de chercheurs avec participation suisse.

"Jusqu'en 2040, la fréquence des épisodes de chaleur extrême va augmenter, indépendamment des émissions de GES dans l'atmosphère", résume le chercheur Dim Coumou, de l'Institut Potsdam de recherche sur l'impact climatique.

"En revanche, les efforts de réduction des émissions de GES peuvent fortement réduire le nombre de ces épisodes extrêmes dans la seconde moitié du 21e siècle", poursuit le chercheur qui a réalisé l'étude, publiée dans la revue scientifique "Environmental Research Letters", avec Alexander Robinson, de l'université Complutense de Madrid.

Eté 2003 démultiplié

Les vagues de chaleurs exceptionnelles, qualifiés d'événements 3 sigma (qui se différencient de la moyenne historique de trois écarts type), comme celles qui ont frappé l'Europe, en 2003, ou les Etats-Unis en 2012, devraient toucher deux fois plus de territoires, en 2020, soit 10% de la surface terrestre du globe.

En 2040, 20% des terres de la planète seront touchées. Sur cette même période, des épisodes encore plus extrêmes (5 sigma) tels que l'on n'en connaît quasiment pas aujourd'hui, frapperont 3% de la surface du globe en 2040.

Après cette date, tout dépendra de la quantité de GES émis dans l'atmosphère. Si les rejets sont faibles et que la concentration de GES dans l'atmosphère n'excède pas 490 PPM équivalent CO2, le nombre d'événements extrêmes se stabilisera autour des niveaux de 2040.

Chaleurs exceptionnelles courantes

Cela signifie qu'à la fin du siècle, les vagues de chaleurs exceptionnelles deviendront la norme près des tropiques, soit 50% des étés en Amérique du Sud et en Afrique de l'Ouest, et 20% en Europe de l'Ouest.

Mais dans un scénario où les émissions continuent à croître sur leurs trajectoires actuelles, les épisodes 3 sigma concerneront 85% des terres du globe en 2100, et les épisodes 5 sigma 60%.

"Ces événements extrêmes peuvent avoir un impact très dommageable sur la société et les écosystèmes, causant des décès liés à la chaleur, des feux de forêts, et des pertes dans la production agricole", souligne Dim Coumou.

Réchauffement accentué

Une autre équipe de chercheurs rapporte dans la revue "Nature" que de tels événements - sécheresse, vagues de chaleur, ouragans ou fortes pluies - sont précisément de nature à renforcer le réchauffement climatique. Ils réduisent en effet drastiquement la quantité de dioxyde de carbone (CO2) absorbée par la végétation.

Les scientifiques de huit nations - parmi lesquels des Suisses de l'Institut WSL, de l'Université de Berne et de l'EPFZ - se sont penchés en particulier sur la vague de chaleur qui a frappé l'Europe en 2003. Selon eux, ce sont surtout les épisodes de sécheresse qui réduisent la quantité de CO2 absorbée en affaiblissant les écosystèmes forestiers.

Par dendrochronologie, les scientifiques ont pu démontrer que les forêts suisses réagissent de manière très sensible, notamment à des événements extrêmes se produisant à plusieurs centaines de kilomètres. Leur conclusion: un gros épisode météorologique a plus de poids dans l'effet climatique global que plusieurs petits.

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