Les députés grecs acceptent l'austérité, Athènes s'enflamme

La Grèce a choisi d'accepter l'austérité imposée par ses créanciers afin de pouvoir échapper à la faillite et rester dans la zone euro. Le parlement s'est prononcé en faveur d'un programme de rigueur draconienne violemment contesté lors de manifestations, où des bâtiments ont été incendiés.
05 août 2015, 13:56
feu

Le programme a été adopté par 199 voix de majorité sur un total de 300 députés, dont 278 présents, dans une enceinte où le gouvernement de coalition socialistes-conservateurs pouvait théoriquement compter sur 236 voix.

Les membres du gouvernement avaient solennellement mis en garde contre des scénarios de «chaos» pour la Grèce, si les députés votaient contre le programme, en affirmant que le pays serait alors conduit à se déclarer en cessation de paiement, et à sortir de la zone euro.

Le chaos, il était dans les rues de la capitale. De violentes manifestations réunissant 80'000 personnes à Athènes selon la police, ont littéralement enflammé Athènes, avec une quarantaine de départs de feu ou incendies dans des bâtiments ou équipements du centre. A Athènes, le ministère de la Santé a recensé 54 personnes blessées.

A Salonique, les manifestations ont rassemblé 20'000 personnes et la police a recensé six banques endommagées. La télévision publique a fait état de violences dans l'île touristique de Corfou, en Crète, dans le nord de la Grèce, et dans des villes du centre du pays, Volos et Agrinio.

Le Premier ministre Lucas Papademos a condamné la violence et les destructions qui ont eu lieu. Sans cet aval, la Grèce n'avait aucune chance de recevoir le moindre centime d'aide pour éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars, à l'échéance de créances de 14,5 milliards d'euros.

Cette loi prévoit 3,3 milliards d'économies budgétaires par le biais de nouvelles baisses drastiques des salaires et des pensions de retraite et une nouvelle vague de suppression d'emplois dans la fonction publique.

Les pompiers éteignaient ce matin les dernières fumées s'échappant de plusieurs bâtiments et les équipes de nettoyage dégageaient les débris laissés dans le centre d'Athènes, théâtre de violences après l'adoption hier soir par le parlement grec d'un nouveau plan d'austérité.

Au moins 120 personnes ont été blessées dans les violences qui ont éclaté à Athènes et dans d'autres villes grecques, lors des manifestations de protestation contre ce nouveau plan, réclamé par les bailleurs du pays en échange d'une nouvelle aide internationale de 130 milliards d'euros.

A  Athènes, au moins 45 bâtiments ont été incendiés, notamment un des plus anciens cinémas de la capitale grecque, et des dizaines de magasins et cafés vandalisés et pillés. L'odeur de gaz lacrymogènes flottait encore dans l'air ce matin.

Hier soir, les députés ont adopté à 199 voix contre 74 ces nouvelles mesures d'austérité, malgré les fortes dissensions au sein des deux principaux partis de la coalition. Les socialistes et les conservateurs ont exclus respectivement 22 et 21 députés, réduisant leur majorité de 236 à 193 sièges au parlement, qui en compte 300.