Les forces kurdes font face à de nouvelles attaques des jihadistes de l'Etat islamique à Kobané

Les jihadistes ont lancé de nouvelles attaques à Kobané, en Syrie, et dans une autre ville en Irak sous contrôle des forces kurdes, qui peinent à freiner l'avancée de l'Etat islamique (EI). La Turquie a informé de son côté qu'aucun combattant kurde d'Irak n'avait jusqu'ici passé la frontière pour entrer en Syrie à partir de la Turquie.

21 oct. 2014, 20:52
Kobané au coeur du conflit entre l'Etat islamique et les Peshmergas. Les forces occidentales continuent de bombarder les positions jihadistes.

A Kobané, à quelques kilomètres de la frontière turque, plusieurs frappes de la coalition menée par les Etats-Unis sont cependant venues appuyer les troupes kurdes au sol mardi avant l'aube, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), se basant sur un large réseau de correspondants parmi les Syriens modérés.

Après la nouvelle offensive lancée lundi soir par l'EI, des affrontements sporadiques ont eu lieu mardi dans l'est de la troisième ville kurde de Syrie. Lundi, les combats auraient fait 17 morts dans les rangs jihadistes et cinq du côté kurde, selon l'OSDH.

L'EI tente depuis plusieurs jours d'asphyxier Kobané, alors que des centaines de personnes sont bloquées dans la ville.

Avions espions
Pour pallier au manque de relais sur le terrain, le Royaume-Uni a annoncé mardi l'envoi prochain de drones armés et d'avions espions. Ils mèneront des missions de surveillance en Syrie afin de collecter des renseignements concernant les jihadistes.

Mais le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a averti qu'une réponse purement militaire à la menace représentée par l'EI risque d'alimenter les violences en conduisant à la radicalisation d'autres groupes sunnites.

Dans l'Irak voisin, l'EI a poussé vers le nord et attaqué la ville de Qara Tapah, à 50 km environ de la frontière iranienne. Quelque 9000 personnes ont fui les combats, selon une source locale. "Nous avons réclamé un soutien aérien de la coalition internationale", a déclaré un responsable militaire du secteur.

Bagdad à nouveau visé
Les extrémistes sunnites contrôlent toujours l'immense majorité de la province occidentale irakienne d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Tandis qu'à Bagdad, au moins 18 personnes ont péri mardi dans trois nouveaux attentats dans un quartier chiite de la capitale. Une série d'attaques contre cette communauté a déjà fait plus de 50 morts en trois jours, à l'approche d'une importante fête religieuse chiite.

A Téhéran, le président iranien Hassan Rohani a reçu mardi le nouveau Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi pour discuter précisément de la lutte contre l'EI. Les jihadistes sont "une menace pour la région, et ces groupes terroristes tentent de créer la division entre chiites et sunnites", a déclaré M. Abadi, dont c'était la première visite en Iran depuis sa prise de fonction.

Peshmergas toujours attendus
La Turquie a de son côté précisé qu'aucun combattant kurde irakien n'avait jusqu'ici passé la frontière pour entrer en Syrie à partir de son territoire. Ankara avait pourtant annoncé la veille qu'elle autorisait désormais leur transit pour aller défendre Kobané.

"Les peshmergas doivent encore franchir (la frontière) entre la Turquie et Kobané, et cette question doit encore être discutée", a déclaré à la chaîne de télévision NTV le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, sans donner plus de précisions.

Il a ajouté que cette décision devait être encore validée par le Parti de l'union démocratique (PYD), dont les Unités de protection du peuple (YPG), son bras armé, assurent la défense de la ville syrienne, et les combattants irakiens. "La Turquie n'a pas promis d'ouvrir de couloir" entre sa frontière et Kobané, a-t-il précisé.

Progression en Syrie
Enfin en Syrie voisine, les jihadistes ont encore gagné du terrain sur les forces gouvernementales dans la ville de Deir ez-Zor, dans l'est, selon l'OSDH. Il s'agit de leur première progression dans ce secteur depuis deux mois. Aucun bilan n'a été fourni.