Les millions d'un Grec bloqués en Suisse

Les avoirs d'un riche Grec en Suisse font l'objet d'une mesure de blocage à la demande des autorités de son pays.
05 août 2015, 15:45
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En campagne contre l'évasion fiscale, les autorités grecques ont fait bloquer les comptes d'un riche homme d'affaires auprès d'un institut financier zurichois. Ils totalisent quelque 160 millions d'euros (plus de 190 millions de francs).

Il s'agit de trois comptes, bloqués depuis mercredi dernier pour 90 jours, a précisé vendredi à l'ats une porte-parole du gestionnaire de fonds, confirmant des informations parue dans la "Süddeutsche Zeitung" et la "Handelszeitung". Se retranchant derrière le secret bancaire, elle n'a toutefois pas voulu donner d'indications sur leur détenteur.

Durant ces 90 jours, le Ministère public grec peut déposer une demande d'entraide judiciaire auprès du Ministère public de la Confédération. Celui-ci se refuse à commenter l'affaire, expliquant qu'il ne se prononce en principe pas sur des mesures provisionnelles prises dans la perspective d'une demande d'entraide.

Selon la "Süddeutsche Zeitung" et la "Handelszeitung", les fonds gelés appartiennent à l'homme d'affaires Lavréntis Lavrédiadis, un entrepreneur athénien qui s'est enrichi dans le domaine de la chimie et est ensuite devenu président du Conseil d'administration et actionnaire principal de la petite banque privée Proton.

Evasion fiscale à large échelle

Cette banque avait été renflouée par l'Etat grec en octobre dernier. Elle fait aussi l'objet depuis janvier 2011 d'une enquête judiciaire. L'homme d'affaires, ancien entrepreneur grec de l'année, et ses associés auraient mis à l'abri quelque 700 millions d'euros à l'étranger ces dernières années, selon un rapport de la banque centrale grecque.

De grandes entreprises et de riches Grecs doivent à leur Etat au moins 50 milliards d'euros. Des dirigeants des Etats qui ont préservé la Grèce de la faillite avec le nouveau paquet de sauvetage demandent que les "comptes de personnes aisées" soient fermés jusqu'à ce qu'elles paient leurs dettes.