Les pilotes de Lufthansa étendent leur grève aux vols long-courrier

Le mouvement de grève des pilotes de Lufthansa est désormais étendu aux liaisons long-courrier.

21 oct. 2014, 12:32
La grève à la Lufthansa pourrait se poursuivre au-delà de mardi si la compagnie aérienne allemande ne reprend pas les négociations sur la question des retraites des pilotes.

Les pilotes de la compagnie aérienne Lufthansa poursuivaient mardi une grève entamée lundi. Leur débrayage est désormais étendu aux liaisons long-courrier, presque toutes annulées au départ et à l'arrivée de Francfort.

La grève, la neuvième depuis avril au sein du groupe Lufthansa, a commencé lundi en milieu de journée et touché d'abord les vols court et moyen-courrier. Elle est étendue depuis mardi à 06h00 aux vols long-courrier, et ce jusqu'à minuit.

Le mouvement conduira à l'annulation de "la quasi-totalité" des vols long-courriers mardi à Francfort, le hub de la compagnie, et la moitié à Munich (sud), a indiqué à l'AFP un porte-parole.

Fin de carrière en question

En tout, 166'000 passagers sont concernés, a-t-il précisé, mais la situation dans les aéroports était calme, les voyageurs ayant été informés en amont par courrier électronique ou SMS. Lufthansa réussit à maintenir un certain nombre de vols domestiques et moyen-courriers en ayant notamment recours à des pilotes qui occupent d'autres fonctions au sein du groupe.

Le mouvement des pilotes a provoqué plusieurs annulations en Suisse. Six vols aller et retour entre Zurich et Francfort ont été biffés, dont un prévu mercredi matin. Trois liaisons Zurich-Düsseldorf ont aussi été supprimées. Enfin, deux vols entre Bâle et Francfort et cinq entre cette ville et Genève ont été annulés.

Les pilotes de Lufthansa s'opposent à de nouvelles conditions de fin de carrière. Les négociations avec la direction sont au point mort et depuis fin août les grèves se multiplient, touchant tour à tour la compagnie Lufthansa, la compagnie à bas coûts Germanwings ou les activités de fret de Lufthansa Cargo. Les filiales Swiss et Austrian Airlines du premier groupe aérien européen ne sont pas concernées par le conflit.

Conjoncture menacée

En parallèle de ce mouvement, les conducteurs de train, en plein bras de fer avec la direction de la compagnie de chemin de fer Deutsche Bahn sur les salaires, le temps de travail et des questions de représentativité de leur syndicat, ont aussi mené ces dernières semaines plusieurs grèves.

Dans un entretien au tabloïd "Bild" mardi, le ministre fédéral des Transports Alexander Dobrindt estime que "l'économie pâtit" de ces débrayages répétes. "Nos axes de transport sont le système nerveux de notre pays", a-t-il argué, "un blocage prolongé nuirait gravement à la conjoncture".