Londres débloque 10,5 millions pour renforcer la sécurité d'Eurotunnel sur sol français

La Grande-Bretagne va financer, à hauteur de 10,5 millions de francs, le renforcement de la sécurité de la gare d'Eurotunnel à Coquelles, près de Calais, dans le nord de la France, où des milliers de migrants tentent de franchir la Manche par tous les moyens.
25 août 2015, 16:14
Malgré le danger de mort, des milliers de migrants tentent de traverser le tunnel sous la Manche.

Londres a débloqué mardi une rallonge de 7 millions de livres (10,5 millions de francs) pour renforcer la sécurité du terminal d'embarquement d'Eurotunnel à Coquelles, au nord de la France. Cette annonce intervient alors que 2000 migrants ont tenté d'entrer sur le site la nuit précédente.

Il s'agissait de la plus importante tentative depuis un mois et demi, selon le groupe Eurotunnel. Les migrants ont été refoulés ou interpellés.

"Le service a été très perturbé toute la journée". Les navettes ont eu "en moyenne une heure de retard du côté britannique et une demi-heure du côté français", jusqu'à 15 heures.

La décision d'augmenter le budget dédié à la sécurité a été prise à l'issue d'une réunion entre la ministre britannique de l'Intérieur Theresa May et son homologue français Bernard Cazeneuve. Ces 7 millions de livres s'ajoutent aux 15 millions déjà annoncés précédemment par Londres.

"Avec la France, nous travaillons en étroite collaboration sur une situation qui affecte nos deux pays. Paris a déjà renforcé son dispositif policier", a déclaré Theresa May. La France et la Grande-Bretagne ont conclu un accord en septembre sur la "gestion de la pression migratoire" à Calais, avec la création d'un fonds spécial.

Dissuader les migrants

"Avec nos partenaires britanniques nous finançons un certain nombre d'infrastructures de sécurité, notamment de transport, pour bien dissuader les migrants de venir à Calais. Il faut qu'ils sachent qu'il n'y a pas de possibilité de traverser la Manche et nous agirons ensemble pour que cela soit compris", a déclaré M. Cazeneuve à l'AFP-TV.

Dans une lettre envoyée la semaine passée au président du groupe Eurotunnel, le ministre français a accusé la société de n'avoir pas fait les efforts nécessaires face à "l'aggravation de la situation" entraînée par l'afflux massif de migrants.

"Je souhaiterais que vous vous interrogiez davantage sur les moyens humains que vous entendez consacrer à la sécurisation de ce site", a-t-il ajouté, estimant que le groupe avait divisé par trois les moyens humains consacrés à la sécurité depuis 2002.

Au moins huit morts

Les tentatives d'intrusion de migrants sur le site d'Eurotunnel sont devenues quotidiennes ces dernières semaines, notamment en raison du renforcement de la sécurité du port de Calais qui incite les candidats à l'asile à tenter leur chance via le tunnel. Au moins huit migrants ont déjà perdu la vie à l'intérieur du site ou en tentant de s'y rendre depuis début juin.

Selon le dernier décompte officiel début juillet, environ 3000 migrants, essentiellement Erythréens, Ethiopiens, Soudanais et Afghans, sont recensés dans la région de Calais. Ils cherchent à gagner la Grande-Bretagne.