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Mali: Ansar Dine durcit ses positions

Le groupe islamiste armé Ansar Dine, l'un des maîtres du nord du Mali, a durci ses positions avant des discussions avec Bamako le 10 janvier autour du médiateur burkinabè. Il réclame l'autonomie et la loi islamique pour cette région au sein d'un Etat malien proclamé «islamique».

04 janv. 2013, 20:13
Un combattant du groupe islamiste Ansar Dine monte la garde à Tombouctou, Mali, alors que ses alliés se préparent à lyncher un membre de la Police Islamique pour faute d'adultère.

Défense de l'identité touareg et de la charia (loi islamique): c'est le coeur de la «plateforme politique» remise le 1er janvier par une délégation d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne.

Dans ce document de 17 pages que s'est procuré vendredi l'AFP, le mouvement, surtout composé de Touareg, se livre à un réquisitoire contre les régimes maliens successifs qui ont traité, selon lui, les habitants du Nord en «citoyens de seconde zone».

Pas de sécession
Conscient que la communauté internationale est «hostile» à toute partition du Mali, il affirme renoncer dans l'immédiat à une sécession, qui était la revendication initiale du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg laïque d'abord alliée puis marginalisée sur le terrain par les islamistes.

Il réclame donc une «large autonomie», mais dans le cadre d'un Etat qui proclamerait dans sa Constitution son «caractère islamique», au motif que «le peuple malien est musulman à plus de 95%». Dans le Nord, l'application «stricte» de la charia est «un impératif non négociable», insiste le groupe. Il justifie les châtiments corporels mais promet de tenir compte de «l'air du temps» dans l'application de certaines dispositions.

Cette «plateforme» a de quoi hérisser le gouvernement malien, pour lequel le respect de l'intégrité du territoire du Mali et de la laïcité de l'Etat sont des pierres angulaires.

Négociations le 10 janvier
Si une autonomie du Nord - et non une indépendance - peut a priori ne pas être un casus belli, trouver un terrain d'entente sur la charia paraît pour l'heure impossible.

Le prochain test sera le 10 janvier: le président Compaoré a invité ce jour-là les émissaires de Bamako, d'Ansar Dine et du MNLA  à Ouagadougou pour de nouvelles discussions, a-t-on appris de source proche de la médiation. Il s'agira du second rendez-vous après les premières discussions directes qui s'étaient tenues dans la capitale  burkinabè le 4 décembre 2012.

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