Mali: sans l'intervention internationale, Bamako serait tombée

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian estime que Bamako serait tombée aux mains des rebelles islamistes, sans l'intervention de la France.
07 août 2015, 10:52
Sans l'intervention française au Mali, Bamako serait tombée aux mains des rebelles islamistes, estime le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian.

Sans intervention extérieure, les rebelles islamistes auraient fait tomber la capitale malienne en deux ou trois jours, a estimé dimanche le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. "Il y avait nécessité d'agir de manière rapide", selon lui.

"Il y a eu une accélération spectaculaire de l'action de ces groupes depuis jeudi" au Mali. "Si personne n'intervenait, c'est Bamako qui tombait deux ou trois jours après", a précisé M. Le Drian.

Les opérations françaises au Mali "ne sont pas finies", a-t-il ajouté. "Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain". Il a indiqué ne pas savoir quand les raids se termineraient.

Les militaires maliens ont reçu vendredi l'appui de forces françaises avec des moyens aériens et ils ont repris la ville de Konna, qui était tombée la veille entre les mains des islamistes.

Haut responsable islamiste tué

Les combats ont fait 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs de l'armée malienne, selon le président malien Dioncounda Traoré. Un officier français, pilote d'hélicoptère, a aussi été tué.

Aucun bilan n'a été communiqué pour le camp des jihadistes, mais l'armée malienne a évoqué une centaine d'islamistes tués à Konna. Une source sécuritaire régionale a indiqué dimanche qu'un haut responsable du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam), Abdel Krim, dit "Kojak", a été tué à Konna dans les affrontements de vendredi et samedi.

"Les combattants islamistes ont subi un véritable revers avec la mort d'Abdel Krim", selon cette source.

Ansar Dine est l'un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali depuis juin, avec les jihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO). Tous prônent l'application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions.