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Mines antipersonnel: Didier Burkhalter veut renforcer la Convention d'Ottawa

La Suisse a la volonté de confirmer et d'étendre la Convention d'Ottawa interdisant les mines antipersonnel, a déclaré lundi le conseiller fédéral Didier Burkhalter à Genève.

03 déc. 2012, 12:26
minesantipersonnelles

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a exprimé le souhait que davantage d'Etats ratifient le texte interdisant les mines antipersonnel signé il y a quinze ans, lundi à Genève.

"Nous avons parcouru un long chemin depuis la conférence tenue à Ottawa il y a quinze ans jour pour jour", a déclaré le chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) en ouvrant avec son homologue slovène Karl Erjavec la douzième conférence des Etats parties au traité d'Ottawa.
 
Le succès de la Convention n'est toutefois qu'un succès d'étape et il reste beaucoup à faire, a affirmé M. Burkhalter. Trente-six Etats n'y ont toujours pas adhéré, a relevé le conseiller fédéral. Il faut les convaincre qu'en continuant de produire et de poser des mines antipersonnel, ils piègent leur propre avenir, a-t-il dit.
 
"Finir le travail"
 
A ses côtés, le président du CICR Peter Maurer et la prix Nobel de la Paix Jody Williams ont relayé cet appel. Jody Williams a espéré qu'après la réélection du président Obama, les Etats-Unis vont enfin ratifier le traité. Elle a demandé de "finir le travail dans les prochaines années, et non dans les prochaines décennies".
 
La Pologne devrait se joindre à la Convention cette semaine, a précisé le ministre slovène, une Convention qui sera dès lors ratifiée par tous les membres de l'Union européenne (160 pays au total). Au Moyen-Orient cependant, les conséquences du "printemps arabe", la guerre en Syrie et les tensions en Palestine "bloquent le processus", a affirmé Karl Erjavec.
 
La Syrie est le seul gouvernement qui a encore utilisé des mines antipersonnel cette année. Des mines ont été posées par l'armée syrienne sur les frontières avec le Liban et la Turquie.
 
Baisse de l'aide aux victimes
 
Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est inquiété d'un "enthousiasme faiblissant" de la part des Etats pour l'assistance aux victimes. Les fonds consacrés à cette aide ont en effet baissé de 30% cette année.
 
Le CICR avait demandé pour ses programmes 20 millions de francs et n'en a reçu que 12,6 millions, a précisé Peter Maurer. "Nous avons fait moins que ce que nous voulions cette année", a-t-il regretté, en lançant un appel aux Etats pour qu'ils ratifient également la Convention de l'ONU sur les handicapés.
 
Didier Burkhalter a précisé que la Suisse va consacrer d'ici 2015 17 millions de dollars par an pour financer des projets concrets sur le terrain et l'envoi d'experts. Cet argent servira aussi à financer le Centre international de déminage humanitaire à Genève et l'Unité d'appui à l'application de la Convention.
 
Des retards
 
La Suisse est préoccupée par le retard pris par de nombreux gouvernements par rapport aux objectifs fixés, a également affirmé le conseiller fédéral. Le Bélarus, la Grèce et l'Ukraine n'ont pas respecté le délai prévu pour détruire leurs stocks de mines antipersonnel et quelque 30 Etats ont demandé davantage de temps pour déminer leur territoire.
 
Quinze ans après leur interdiction, les mines antipersonnel continuent de faire des victimes: 4286 nouveaux cas ont été confirmés l'an dernier, soit 12 par jour, contre 32 par jour en 2001, selon le rapport annuel de l'Observatoire des mines.
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