Ordinateurs et tablettes bannis de certains vols américains et britanniques

Les passagers d'une dizaine de compagnies aériennes étrangères devront laisser leurs ordinateurs ou tablettes en soute. Cette décision a été prise par le gouvernement américain pour lutter contre une menace terroriste non spécifiée. La Grande-Bretagne lui a emboîté le pas.
21 mars 2017, 11:28
/ Màj. le 21 mars 2017 à 21:03
L'interdiction s'applique notamment à des compagnies aériennes basées en Jordanie et en Arabie saoudite.

Le Royaume-Uni a emboîté le pas aux Etats-Unis en interdisant mardi ordinateurs portables et tablettes dans les cabines d'avions en provenance de pays arabes et de Turquie. Elles invoquent un risque d'attentats terroristes. La Turquie a protesté.

Des compagnies telles que Emirates ou Turkish Airlines opérant des vols directs depuis Dubaï ou Istanbul vers les Etats-Unis ont 96 heures (quatre jours) à compter de mardi 08h00 pour interdire à leurs passagers d'embarquer avec des appareils électroniques plus gros qu'un téléphone portable. Tous ces appareils (ordinateurs portables, tablettes, consoles de jeux, liseuses, lecteurs de DVD, appareils photos, etc) devront être placés dans les bagages en soute des avions, ont indiqué des responsables américains.

"L'examen de renseignements indique que des groupes terroristes continuent de viser le transport aérien et cherchent de nouvelles méthodes pour perpétrer leurs attentats, comme dissimuler des explosifs dans des biens de consommation", a expliqué l'un d'eux.

"Sur la base de ces informations", le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly a "décidé qu'il était nécessaire de renforcer les procédures de sécurité pour les passagers au départ direct de certains aéroports et à destination des Etats-Unis", a ajouté un autre responsable, sans dire de quels renseignements précis Washington disposait.

Une cinquantaine de vols touchés

Ce seront au total une cinquantaine de vols quotidiens de neuf compagnies aériennes (Royal Jordanian, EgyptAir, Turkish Airlines, Saudi Airlines, Kuwait Airways, Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways) qui seront affectés au départ de dix aéroports internationaux: Amman, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Ryad, Koweït, Doha, Dubaï, Abou Dhabi et Casablanca.

Huit pays sont donc concernés, tous alliés ou partenaires des Etats-Unis: la Jordanie, l'Egypte, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Maroc.

"Nous estimons que c'est la bonne chose à faire et aux bons endroits pour assurer la sécurité des voyageurs", a justifié un haut responsable officiel. Il a invoqué "plusieurs incidents et attentats couronnés de succès contre des passagers et des aéroports ces dernières années", citant l'attaque revendiquée en février 2016 par les islamistes somaliens shebab affiliés à Al-Qaïda.

Un engin avait explosé à bord d'un Airbus A321 de Daallo Airlines, avec 74 passagers à bord, 15 minutes après le décollage de l'appareil de Mogadiscio, provoquant un trou d'un mètre de diamètre dans son fuselage et tuant le poseur présumé de la bombe.

Ankara a rapidement réagi. Le ministre turc des Transports Ahmet Arslan demande "de revenir en arrière ou d'alléger" cette mesure en invoquant notamment l'impact potentiel sur l'afflux de passagers.