Paléontologie: des fossiles relancent l’énigme sur des cousins d’Homo sapiens

Un crâne d’enfant de la race Homo naledi a été découvert dans une grotte sur le riche site archéologique du «Berceau de l’humanité», près de Johannesburg. Les scientifiques envisagent un rite funéraire. Cette découverte pourrait permettre d’en apprendre davantage sur la transition entre l’australopithèque primitif et le primate du genre homo.
04 nov. 2021, 21:31
Le crâne ne présentait aucune marque, comme ceux qu'aurait pu laisser une attaque par un carnivore. Les chercheurs trouvent rarement des restes fossilisés d'enfants, car leurs os sont trop fins et fragiles pour résister au temps.

La découverte d’un crâne d’enfant dans une grotte d’Afrique du Sud, annoncée jeudi, relance l’énigme autour de cousins de l’humain actuel. Les premières preuves d’existence de ces êtres, baptisés Homo naledi, avaient remis en cause des théories sur l’Evolution.

Vingt-huit fragments d’un crâne minuscule et six petites dents ont été trouvés à Maropeng, près de Johannesburg. Depuis des années, le très riche site archéologique du «Berceau de l’humanité», truffé de grottes et de fossiles de pré-humains et classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est un trésor d’informations pour les paléontologues.



Les restes ont été retrouvés dans une alcôve quasi inaccessible, au bout de passages mesurant parfois seulement 10 cm de large. Mais pour l’Homo naledi, se déplacer dans la grotte était sans doute plus facile, selon un des scientifiques qui a participé à la découverte: plus petits, ils étaient aussi «de meilleurs grimpeurs», a expliqué Tebogo Makhubela.

Rite funéraire?

Les restes de l’enfant, surnommée Leti d’après un mot setswana qui signifie «le perdu», ont été découverts à distance des précédents ossements. Les scientifiques pensent qu’ils ont pu être volontairement laissés là par ses congénères, peut-être au cours d’un rite funéraire.


L’enfant était probablement âgé de quatre à six ans lorsqu’il est mort. Ses dents de lait étaient encore intactes, celles adultes commençant seulement à apparaître.

Cette découverte pourrait permettre d’en apprendre davantage sur la transition, il y a environ deux millions d’années, entre l’australopithèque primitif et le primate du genre homo, ancêtre direct de l’être humain actuel.