Pistorius peut aller en prison en toute sécurité s'il est condamné

Si Oscar Pistorius est condamné à la prison, il pourra s'y rendre en toute sécurité en dépit du manque de place et de la dangerosité des prisons sud-africaines. C'est l'avis d'un haut responsable des services pénitentiaires d'Afrique du Sud appelé à la barre.

16 oct. 2014, 12:44
L'administration pénitentiaire sud-africaine a témoigné jeudi au procès d'Oscar Pistorius. Elle a assuré que l'athlète handicapé pourrait, le cas échéant, être incarcéré sans risque, malgré la dangerosité, la vétusté et la surpopulation des prisons dans son pays.

L'administration pénitentiaire sud-africaine a témoigné jeudi au procès d'Oscar Pistorius. Elle a assuré que l'athlète handicapé pourrait, le cas échéant, être incarcéré sans risque, malgré la dangerosité, la vétusté et la surpopulation des prisons dans son pays.

"Je peux confirmer en toute confiance que si le tribunal (...) décide qu'il doit aller en prison, il y a des établissements où nous pouvons incarcérer et accueillir l'accusé", a dit à la barre Zacharia Modise. Ce haut responsable des services pénitentaires sud-africains s'est exprimé jeudi matin.

Il n'a pas caché l'existence de "problèmes", l'Afrique du Sud démocratique ayant hérité de l'apartheid de bâtiments très vieux. Ceux-ci avaient été conçus principalement pour enfermer, sans le souci à l'époque de réhabiliter les détenus.

Beaucoup de prisons manquent de gardiens, et l'Etat est régulièrement accusé de ne pas en faire assez pour garantir la sécurité des détenus en prison, notamment là où les gangs font la loi. Mais les prisons (plus de 230) ne se ressemblent pas.

Cellules individuelles

Le parquet, qui lutte contre une peine légère suggérée depuis lundi par la défense, a demandé à M. Modise de confirmer que l'aile médicalisée de la prison centrale de Pretoria "Kgosi Mampuru" avait des cellules individuelles.

"Oui, avec toilettes, un lit avec un matelas, une couverture, des draps et un oreiller", a répondu le responsable pénitentaire. "Et un placard individuel?", a relancé le procureur Gerrie Nel. "Oui", a certifié M. Modise.

Tortures

"Nous pouvons assurer que ses droits fondamentaux sont respectés, et concernant sa santé, il peut être pris en charge correctement", a-t-il dit. L'avocat de Pistorius, Barry Roux, a répliqué, évoquant les cas de tortures en prison, de douches aux portes cassées ou l'absence de baignoires.

"Votre honneur, j'affirme qu'il y a des baignoires dans notre unité médicalisée", a rétorqué M. Modise. "Il n'y a pas de baignoires pour les détenus normaux".

Processus de réhabilitation humain

Dès lors que la sécurité de l'accusé est assurée, la cousine de la victime d'Oscar Pistorius a estimé "qu'il faut envoyer comme message à la société qu'on n'a pas le droit de faire ça et s'en tirer comme ça".

"J'étais très inquiète tant que j'ai cru que les conditions en prison seraient mauvaises pour lui. Mais j'ai découvert que son processus de réhabilitation en prison serait humain et protégerait sa dignité d'être humain", a déclaré Kim Martin, la cousine de Reeva Steenkamp, d'une voix étranglée par l'émotion.

"Je pense vraiment que M. Pistorius doit payer pour ce qu'il a fait", a-t-elle ajouté, soulignant qu'une peine légère "favoriserait la criminalité" dans un pays dont c'est le principal problème de société, avec 47 homicides par jour en moyenne.

Reeva Steenkamp a été abattue de quatre balles à travers une porte de toilettes alors qu'elle passait la nuit du 14 février 2013 chez Pistorius. L'athlète sud-africain a été reconnu coupable d'homicide involontaire, affirmant avoir voulu neutraliser un cambrioleur.