Primaires républicaines: Donald Trump fait son show

Donald Trump a fait rire l'assistance et provoqué ses adversaires lors du premier débat des primaires républicaines.
25 août 2015, 16:16
Republican presidential candidates from left, Donald Trump and Jeb Bush take the stage for the first Republican presidential debate at the Quicken Loans Arena Thursday, Aug. 6, 2015, in Cleveland. (AP Photo/Andrew Harnik)

Excessif, comique, provocateur: Donald Trump, le milliardaire américain en tête de la course des primaires républicaines, a donné le pire et le meilleur de lui-même jeudi au premier débat de la saison électorale. Ses adversaires ont peiné à imposer le sérieux.

Au centre de la scène dans l'arène de basket de Cleveland, entouré de neuf rivaux loin derrière lui dans les sondages, le magnat de l'immobilier a donné le ton en expliquant ne pas exclure de se présenter à la présidentielle de 2016 en indépendant s'il perdait les primaires. Il est le seul à ne pas s'interdire cette option, qui bénéficierait à coup sûr au candidat ou à la candidate démocrate.

"Je ne ferai pas cette promesse à ce stade", a-t-il dit, déclenchant la fureur d'un autre candidat, Rand Paul, et les huées de milliers de militants assistant au débat de deux heures.

Mais l'homme d'affaires a fait rire, voire rire jaune, en rappelant qu'il avait autrefois "donné beaucoup d'argent à la plupart des gens sur cette scène", pour acheter leurs faveurs. Même à Hillary Clinton.

"Pourquoi?", lui ont demandé les journalistes de Fox News, qui organisait le débat. "Je lui ai dit de venir à mon mariage, et elle est venue à mon mariage. Elle n'avait pas le choix", a répondu avec gourmandise le sexagénaire.

Déclarations osées

Le magnat de l'immobilier a pris la tête de la course depuis son entrée fracassante en campagne en juin. Sa popularité l'a exposé aux critiques, ses concurrents l'accusant d'avoir été démocrate et d'avoir retourné sa veste au cours des années, sur des sujets chers aux conservateurs comme l'avortement, l'immigration et l'assurance-maladie, qu'il voulait autrefois nationaliser.

"Je dirais la chose suivante: puisqu'il a changé d'avis sur les amnisties (de migrants clandestins), sur la santé et sur l'avortement, je voudrais seulement savoir sur quels principes il va gouverner", a dit Carly Fiorina. L'ex-patronne de Hewlett-Packard s'est faite remarquer lors de ce premier débat réunissant les sept candidats les moins bien placés dans les sondages.

Avec sa nonchalance et sa moue habituelles, "The Donald" a éludé les questions les plus pointues, hésitant à voix haute à qualifier d'"incompétent" Barack Obama. Il a poussé l'assurance jusqu'à plaindre l'un de ses contradicteurs: "ça a l'air difficile pour vous ce soir".