Prise d'otages à Bamako: au moins 21 morts selon un dernier bilan

La prise d'otages qui s'est déroulée vendredi dans un hôtel de Bamako au Mali a fait au moins 21 morts, selon un dernier bilan officiel. Les autorités ont décrété l'état d'urgence.

21 nov. 2015, 08:21
Selon une source militaire anonyme, le nombre de tués serait plus élevé.

Une prise d'otages par des islamistes dans un hôtel de Bamako, au Mali, a fait vendredi au moins 21 morts, dont un Américain et un Belge. Un assaut donné par les forces spéciales a permis de libérer plus de 140 personnes. Le gouvernement a décrété l'état d'urgence.

La prise d'otages s'est terminée terminée après neuf heures d'attente. Le dernier bilan de l'attaque s'élevait vendredi soir à "au moins trois terroristes tués ou qui se sont fait exploser", et au moins 27 morts parmi les résidents et employés de l'hôtel, a déclaré une source militaire sous le couvert de l'anonymat. Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait part de 21 morts et sept blessés.

Une dizaine d'autres ressortissants des Etats-Unis, dont des membres de l'ambassade, ont été secourus, a indiqué le département d'Etat américain. Ils sont sains et saufs. Aucun Français ne figure, à ce stade, parmi les victimes, a de son côté déclaré le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian en début de soirée.

"Une vingtaine de Français qui étaient dans l'hôtel sont en sécurité à l'ambassade de France", a-t-il ajouté. La victime belge était employée au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L'établissement visé, le Radisson Blu, accueille de nombreux étrangers.

Appui français

L'attaque a débuté dans la matinée, se transformant en une longue prise d'otages, avant l'assaut donné par les forces spéciales maliennes pour libérer les 170 personnes retenues, après plus de sept heures de confrontation.

Les forces maliennes se sont heurtées aux assaillants au troisième étage de l'établissement et ont donné l'assaut vers 16h30 avec l'appui de militaires français, stationnés dans la région.

Elles ont ensuite progressé pièce par pièce et étage par étage pour débusquer les preneurs d'otages, a déclaré le ministère français de la défense. "Au cours de la progression, deux terroristes sont tués et les otages libérés", a ajouté le ministre français, précisant que deux militaires français avaient été légèrement blessés.

La France a également dépêché sur place des hommes du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) qui sont arrivés en début de soirée au Mali, pays où résident 7200 ressortissants français, afin de "parer à toute éventualité".

La prise d'otages, une semaine jour pour jour après les attentats de Paris revendiqués par l'Etat islamique (EI), vise un pays en première ligne dans les violences à caractère islamiste, où la France est intervenue en 2013.

Mokhtar Belmokhtar

Elle a été revendiquée sur Twitter par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique et notamment connu pour la sanglante prise d'otages d'un complexe gazier dans le Sud algérien en janvier 2013. La revendication a été jugée très plausible par la France et les Etats-Unis.

Le commando islamiste a fait irruption à 07h00 dans l'hôtel en criant "Allahou Akbar" ("Dieu est grand") et a progressé étage après étage dans l'établissement, prenant en otage 170 personnes - 130 clients et 40 employés, selon le groupe hôtelier Rezidor, qui gère l'établissement.

Au sein des services de sécurité, on indique que le commando comprenait dix hommes au maximum, mais, selon le groupe Rezidor, ils n'auraient été que deux.

Certains otages ont réussi à s'échapper dans les premières heures de l'attaque. D'autres, en nombre indéterminé, ont été relâchés après avoir montré aux membres du commando qu'ils étaient capables de réciter des versets du Coran, a-t-on appris de source proche des services de sécurité.

Deux membres des forces spéciales américaines ont participé à la mise en sécurité de leurs concitoyens, mais sans prendre directement part à l'opération des forces maliennes contre les preneurs d'otages.

Les forces américaines ne disposaient que de 26 hommes au Mali au moment de l'attaque, dont 22 à Bamako, selon le commandement des forces américaines en Afrique.