Procès du viol collectif en Inde:le père veut un verdict rapide

Les cinq co-accusés du viol d'une étudiante de 23 ans, décédée 13 jours plus tard des suites de ses blessures, comparaissent ce lundi à New Dehli. Ils encourent la peine de mort.

21 janv. 2013, 13:50
A police officer stands guard next to a  police van believed to carrying the five men accused in a gang rape as they arrive at the district court, in New Delhi, India, Monday, Jan. 7, 2013. The men, who were set to appear in court Monday, are accused of a Dec. 16 gang rape on a woman, who later died of her injuries,  that has caused outrage across India, sparking protests and demands for tough new rape laws. (AP Photo/ Manish Swarup)

Le procès de cinq accusés du viol collectif d'une étudiante, décédée des suites de l'agression dans un autobus à New Delhi le 16 décembre, s'est ouvert lundi devant un tribunal spécial de la capitale indienne. Le père de la victime a plaidé pour un jugement rapide condamnant à mort les auteurs.

Le procès se tenant à huis clos, le procureur, Dayan Krishnan, a annoncé aux journalistes massés devant la cour d'assises le début de la procédure. "Le procès a débuté. L'acte d'accusation a été présenté au juge et les débats commenceront le 24 janvier", a-t-il dit.
 
Les auteurs présumés, âgés de 19 à 35 ans, répondent notamment de viol, meurtre, enlèvement et vol, des faits passibles de la peine de mort. Ils comparaissent selon une procédure accélérée pour contourner le système judiciaire indien notoirement lent et sous la pression de l'opinion et de la famille de la victime qui réclament un verdict exemplaire et rapide après cette affaire qui a choqué le pays et ému la communauté internationale.
 
Le père de la jeune fille de 23 ans a plaidé peu avant l'ouverture du procès pour un jugement rapide condamnant les auteurs à la pendaison. Il a estimé que sa famille ne serait en paix qu'une fois la sentence prononcée.
 
"Nous avons achevé les rituels de deuil pour ma fille au village mais notre deuil ne sera achevé que lorsque le tribunal aura rendu son verdict. L'âme de ma fille ne sera en paix que lorsque la justice aura puni les hommes", a déclaré son père. Il ne peut être nommé pour des questions juridiques.
 
"Il est du devoir de la Cour et des juges de faire en sorte que la sentence soit prononcée rapidement et que tous les hommes (jugés pour ce viol) soient pendus", a-t-il dit avant l'ouverture du procès en cour d'assises. "Aucun homme n'a le droit de vivre après avoir commis un crime si abominable", a-t-il ajouté.
 
Requête en "dépaysement"
 
Au même moment, l'avocat d'un des accusés tentait de persuader la Cour suprême de dépayser le dossier hors de New Delhi, craignant que l'émotion autour de l'affaire ne nuise à l'impartialité de la justice. La Cour a indiqué qu'elle allait examiner cette requête. Cet examen se fera mardi.
 
Un sixième agresseur présumé, qui dit avoir 17 ans, comparaîtra devant une juridiction pour mineurs.
 
La victime, une étudiante en kinésithérapie qui revenait du cinéma avec son compagnon, a été violée à plusieurs reprises, agressée sexuellement avec une barre de fer, puis jetée à moitié nue hors du bus.
 
Elle est décédée treize jours plus tard dans un hôpital de Singapour, où elle avait été transférée pour tenter d'être sauvée après trois interventions chirurgicales et un arrêt cardiaque en Inde. Ce fait divers a profondément choqué le pays et ému la communauté internationale.
 
Des milliers de femmes sont descendues dans les rues de New Delhi pour demander plus de sécurité et une meilleure prise en compte des violences faites aux femmes, par la police et la justice, réputées laxistes dans une société encore largement dominée par les hommes.
 
La police accusée de torture
 
L'émotion populaire suscitée par l'agression de l'étudiante "touche chaque foyer à Delhi" et "il ne peut (y) être jugé sereinement", a motivé son avocat. La défense a l'intention de plaider non-coupable. Elle accuse la police d'avoir extorqué les aveux des suspects par la torture.
 
L'accusation brandit de son côté la "preuve des preuves", l'ADN qui confond les personnes mises en cause de manière irréfutable selon elle. Elle s'appuie également sur les déclarations de la victime sur son lit d'hôpital et le témoignage de son compagnon de 28 ans qui a participé à l'identification de leurs agresseurs.
 
Les cas de viols à New Delhi ont augmenté de 23% en 2012 par rapport à l'année précédente et la capitale est considérée comme la ville la plus dangereuse du pays pour ce type de crimes.