Proche-Orient: des avions israéliens bombardent la Syrie, un missile de représailles intercepté

Grave escalade des tensions vendredi entre la Syrie et Israël, toujours officiellement en guerre. Cette dernière a violé l'espace aérien syrien et mené un raid près de Palmyre. La Syrie affirme avoir abattu l'un de ses avions. Israël dément et affirme avoir intercepté un missile envoyé en représailles.
17 mars 2017, 10:26
L'armée syrienne affirme avoir abattu l'un des avions de combat israélien.

Des avions de combat israéliens ont attaqué plusieurs cibles en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi et l'un des missiles tirés en représailles a été intercepté, a indiqué l'armée israélienne. Selon Damas, le bombardement israélien a visé une "cible militaire" près de Palmyre et un appareil israélien a été détruit, ce que dément Jérusalem.

Dans son communiqué, l'armée syrienne indique que les avions israéliens "sont entrés dans l'espace aérien à 02h40 (01h40 suisse) via le territoire libanais et ont atteint une cible militaire près de Palmyre". "Cette attaque éhontée s'inscrit dans les efforts permanents de l'ennemi sioniste pour soutenir les gangs terroristes de Daech", a dénoncé l'armée, en utilisant un acronyme arabe pour le groupe EI. Damas y réagira "par tous les moyens disponibles".

Il s'agit de l'incident le plus sérieux entre les deux pays - toujours formellement en guerre - depuis le début en 2011 du conflit qui ravage la Syrie.

"Notre défense aérienne a abattu un appareil, touché un autre et forcé les autres à fuir", a encore affirmé l'armée syrienne. Aucun des missiles tirés de Syrie contre les avions israéliens n'a atteint sa cible, a pour sa part affirmé l'armée israélienne. Elle ajoute que "la sécurité de civils israéliens ou de l'appareil de l'aviation n'a à aucun moment été menacée".

L'armée a ajouté que l'un des missiles anti-aérien avait été intercepté. L'explosion a été entendue jusqu'à Jérusalem, à des dizaines de kilomètres. Aucune victime, ni dégât n'a été signalé.

 

 

Relations tendues

Israël est officiellement en état de guerre depuis des dizaines d'années avec la Syrie. Les relations sont d'autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le mouvement chiite libanais Hezbollah, l'un des grands ennemis d'Israël, dans sa bataille contre les rebelles.

Tout en veillant à ne pas être aspiré dans le conflit du pays voisin, Israël a frappé à plusieurs reprises sur le territoire syrien, notamment contre des convois d'armes qui auraient été destinés au Hezbollah.

L'Etat hébreu ne confirme habituellement pas ces attaques en Syrie, et pourrait avoir été conduit cette fois à le faire par les circonstances de l'incident, comme le déclenchement des sirènes d'alerte dans plusieurs communautés de la vallée du Jourdain. Des témoins cités par la presse ont aussi fait état de deux explosions qui pourraient évoquer l'entrée en action du système antimissiles.

 

 

Annexion non reconnue

En avril 2016, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait admis qu'Israël avait attaqué des dizaines de convois d'armes en Syrie destinés au Hezbollah.

Israël a aussi régulièrement pris pour cible des positions syriennes sur le plateau du Golan en réponse à des tirs présumés perdus provenant du conflit de l'autre côté de la ligne de démarcation.

Israël a annexé en 1981 la partie du Golan (1200 km2) qu'il occupait depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, qui considère toujours le territoire comme syrien. Environ 510 km2 restent sous contrôle syrien.

Israël suit avec la plus grande attention l'évolution du conflit syrien et la possibilité que l'Iran, son grand ennemi et soutien du Hezbollah, ne prenne fermement pied non loin de son territoire.