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Retour sur les annonces fumeuses du conclave

Blanche ? Noire ? ou... grise ? Les nuances de la fumée qui s'échappe de la Chapelle Sixtine font la joie des amateurs de suspense... et le cauchemar des journalistes.

13 mars 2013, 17:30
La couleur de la fumée laissent parfois les observateurs perplexes.

Après une épaisse fumée noire mardi soir, marquant le premier scrutin des cardinaux, ce sont des volutes gris foncé qui se sont élevées au dessus de la Chapelle Sixtine mercredi midi, faisant redouter les confusions qui ont marqué chacun des conclaves des 40 dernières années.

Le 19 avril 2005 déjà, lors de l'élection de Benoît XVI, la fumée avait pris une couleur gris clair à cause de la combustion des bulletins de vote, malgré l'utilisation pour la première fois d'un fumigène blanc.

Incertitudes

L'angoissant questionnement sur les fumées avait hanté les deux précédent conclaves, ayant élu respectivement Jean Paul Ier et Jean Paul II. Le 26 août 1978, pour l'élection de Jean Paul Ier, successeur de Paul VI, la foule l'avait vue noire alors qu'elle était blanche.

Un saisissant document d'époque montre les journalistes couvrant l'évènement convaincus que la fumée est noire. En fait elle est blanche, mais paraît sombre à contre-jour et à sept heures du soir. Commentaire d'alors: "voilà la noire, elle est noire...c'est un noir très pâle car le soleil l'éclaire", s'exclame un journaliste.

"Le pape est élu et la fumée est noire, quel mauvais présage", dira-t-on plus tard, au sujet du cardinal Albino Luciani qui mourra 33 jours seulement après le début de son pontificat.

Le 15 octobre 1978, rebelote: à 18h34, une fumée sort de la cheminée de la chapelle Sixtine. Quelque 100'000 personnes place Saint Pierre la voient blanche et saluent le résultat par un long applaudissement, selon le récit fait à l'époque par l'AFP.

Mais Radio Vatican annonce que la fumée est noire. L'incertitude s'installe, d'autant que la fumée qui continue de sortir par bouffées est grisâtre. Vingt minutes plus tard, le porte-parole du Vatican confirme que les deux tours de scrutins de l'après-midi du 15 octobre ont été négatifs et que la fumée était donc bien noire.

"Qui est ce Botiglia?"

Le cardinal polonais Karol Wojtyla sera élu le lendemain, le 16 octobre au soir, au huitième tour de scrutin. Mais la confusion règne aussi sur l'identité du nouveau pape.

Lorsque le cardinal protodiacre chargé d'annoncer au monde le nom de l'élu prononce en latin la formule "Habemus papam ... cardinalem Karolus Wojtyla", la foule croit à l'élection d'un cardinal africain.

Selon les chroniques de l'époque, l'un des cardinaux électeurs réunis dans la Sixtine, le Guatémaltèque Carlo Casariego, a demandé à haute voix pendant le décompte des bulletins: "qui est ce Botiglia ?" Lorsque le cardinal Casariego vient ensuite saluer le nouveau pape, Jean Paul II lui dit en souriant: "Maintenant vous savez qui est Botiglia", raconte l'historien Alberto Melloni.

Cardinal archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla est alors âgé de 58 ans, peu connu de ses pairs et inconnu du reste du monde. Il s'est imposé parce que les sept premiers scrutins n'ont pas réussi à départager le cardinal archevêque de Gênes Giuseppe Siri et le cardinal archevêque de Florence Giovanni Benelli.

L'histoire pourrait se répéter là encore puisqu'une bonne dizaine de cardinaux étrangers figurent parmi les candidats sérieux à la succession de Benoît XVI.

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