Santé d'Hugo Chavez: Caracas dénonce une "guerre psychologique médiatique"

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé jeudi les "manipulations" de l'opposition et la "guerre psychologique médiatique" au sujet de l'état de santé d'Hugo Chavez.

04 janv. 2013, 08:12
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a affirmé qu'il récupérait bien après son opération à Cuba.

Le gouvernement "met en garde le peuple vénézuélien sur la guerre psychologique que le réseau médiatique transnational a déclenché au sujet de la santé du chef de l'Etat, dans le but ultime de déstabiliser" le Venezuela, indique ce communiqué lu par le ministre de l'Information, Ernesto Villegas.

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé jeudi les "manipulations" de l'opposition et la "guerre psychologique médiatique". Ces manoeuvres visent selon Caracs à "déstabiliser" le pays alors que le président Chavez lutte contre une "grave infection pulmonaire" survenue après son opération du cancer.
 
Les deux principales figures du régime de Hugo Chavez, le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello et le vice-président Nicolas Maduro, sont réapparus jeudi à Caracas après avoir rencontré le président vénézuélien à Cuba.
 
Devant les caméras de la télévision officielle VTV, M. Maduro a accusé l'opposition de tenter de saper la confiance de la population en relayant "mensonges et manipulations".
 
Peu après, le ministre de l'Information Ernesto Villegas a lu un communiqué gouvernemental mettant "en garde le peuple vénézuélien sur la guerre psychologique que le réseau médiatique transnational a déclenché au sujet de la santé du chef de l'Etat, dans le but ultime de déstabiliser" le Venezuela et de mettre fin à la "révolution socialiste" chère au président.
 
"Nous savons que ces manipulations sont effectuées à partir des Etats-Unis (...) Ils croient que leur heure est venue et que nous avons entamé une période folle d'offensive de la droite, ici et au niveau international", a déclaré M. Maduro, sans préciser s'il visait le gouvernement américain ou les opposants vénézuéliens basés en Amérique du Nord.
 
Infection pulmonaire et "complications"
 
A Washington, la porte-parole du département d'Etat américain Victoria Nuland avait auparavant écarté tout complot de l'Occident et assuré qu'il n'y a pas de "solution fabriquée aux Etats-Unis" pour ce pays.
 
En lisant le communiqué officiel, le ministre a également précisé que le président souffre de "complications" après une "grave infection pulmonaire" survenue lors de l'opération de son cancer à la Havane. Auparavant, le gouvernement avait simplement fait mention d'une "infection respiratoire".
 
MM. Maduro et Cabello ont annoncé s'être rendus à Cuba "ces dernières heures" pour une réunion d'un "groupe de travail" avec le président Chavez, opéré pour la quatrième fois de son cancer le 11 décembre.
 
Cette rencontre était semble-t-il destinée à dessiner la stratégie à suivre en vue de sa prise de fonctions prévue le 10 janvier. Nous avons "évalué une série d'éléments en rapport avec le déroulement de cette année 2013", a déclaré le dauphin désigné du président Chavez, Nicolas Maduro.
 
L'opposition exige la transparence
 
Aux côtés de l'autre principal baron du "chavisme", M. Maduro a également démenti les rumeurs de conflit avec Diosdado Cabello. Ces déclarations ont été diffusées en marge de l'"inspection" d'une usine de café à Caracas, qui trahissait la volonté des autorités de démontrer que la vie du gouvernement avait repris son cours normal.
 
Devant le flou entretenu autour de la maladie du chef de l'Etat, l'opposition exige que la lumière soit faite sur son état de santé. La nature et la localisation exacte de ce cancer dans la zone pelvienne, diagnostiqué en juin 2011, sont tenues secrètes par les autorités. Le président, omniprésent avant sa maladie, n'est pas apparu sur les médias publics depuis le 10 décembre.
 
En vue de sa prestation de serment prévue le 10 janvier devant l'Assemblée nationale après sa confortable réélection du 7 octobre, Nicolas Maduro et Diosdado Cabello ont d'abord évoqué un éventuel report, mais l'opposition insiste sur le respect de la Constitution.
 
Selon la loi fondamentale, en cas d'incapacité avérée d'un président élu, il revient au président de l'Assemblée, d'assumer l'intérim et de convoquer des élections anticipées dans les 30 jours.