Turquie: le cycle des représailles meurtrières se poursuit

Deux semaines après l'attentat de Suruç qui a bouleversé la donne en Turquie, rien ne semble arrêter le cycle de représailles meurtrières entre la guérilla kurde du PKK et l'armée turque. De nouvelles attaques ont eu lieu lundi.
25 août 2015, 16:15
Deux semaines après l'attentat de Suruc, rien ne semble arrêter le cycle de représailles meurtrières en Turquie. Ici, les funérailles d'un policier.

Le président Recep Tayyip Erdogan a une fois de plus affiché sa détermination à une poursuite de l'offensive antikurde. "La Turquie procèdera à des opérations militaires aussi longtemps qu'elle le jugera nécessaire", a-t-il martelé lundi.

Un point de non-retour semble avoir été franchi avec l'attaque suicide la veille au tracteur piégé contre une gendarmerie de l'est. De source officielle turque, elle a provoqué la mort de deux soldats et en a blessé 31 autres.

Photo du martyre

Elle a été revendiquée par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a indiqué qu'elle avait eu pour but de "venger" la mort de civils irakiens dans des raids aériens turcs contre des bases de la rébellion. Le mouvement a publié le nom et une photo du "martyr" qui a réalisé l'opération, le visage dissimulé par un foulard et posant devant le drapeau du PKK.

De nouveaux assauts de la rébellion ont en outre été signalés lundi, dont ceux d'un hôpital et d'un convoi militaires qui n'auraient pas fait de victimes. Une autoroute de l'est de la Turquie a été fermée "pour empêcher des attaques terroristes".

L'armée affirme avoir tué plus de 260 combattants dans ses bombardements contre les bases rebelles nichées dans les montagnes du nord de l'Irak. Ils auraient contraint l'état-major du PKK à se scinder en trois groupes, en Irak, en Syrie et en Iran.

Civils tués

Ces raids ont provoqué ce week-end la mort d'au moins dix civils, ont assuré des sources kurdes. Ces accusations ont été démenties par l'armée mais donnent une raison supplémentaire au PKK d'amplifier ses attaques sur le sol turc.

Ce cycle de violences, qui a mis fin à trois années de trêve, a été déclenché par l'attentat suicide survenu le 20 juillet à Suruç (sud), dans lequel 32 jeunes militants de la cause kurde ont trouvé la mort. Il a été attribué au groupe Etat islamique (EI) mais la guérilla kurde a aussitôt répliqué contre les forces de l'ordre turques, accusées de ne pas protéger la population locale.