Turquie: massacre d'Azerbaïdjanais commémoré ce dimanche

Une manifestation de quelque 20'000 personnes a défilé à Istanbul à la mémoire de morts azerbaïdjanais.
05 août 2015, 15:46
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Environ 20'000 personnes ont manifesté dimanche dans le centre d'Istanbul à la mémoire des morts azerbaïdjanais dans le conflit du Nagorny-Karabakh. L'Arménie a été conspuée, mais aussi la France qui vient de voter une loi pénalisant la négation du génocide arménien.

Une foule brandissant des drapeaux turcs et azerbaïdjanais, venue à l'appel d'associations d'amitié entre les deux pays turcophones et de partis d'extrême droite ou islamistes, a envahi la Place Taksim, dans le centre d'Istanbul, aux cris de «Stop à l'agression arménienne» ou «Allah Akbar» (Dieu est grand).

Le ministre de l'Intérieur, Idris Naïm Sahin, était présent dans le défilé. La manifestation était organisée à l'occasion du 20e anniversaire d'un des épisodes de la guerre des années 1990 entre forces azerbaïdjanaises et arméniennes pour le Nagorny-Karabakh, enclave à majorité arménienne en territoire azerbaïdjanais.

Selon l'Azerbaïdjan, 613 personnes sont mortes lors de l'attaque en 1992 par les troupes arméniennes du village de Khojaly au Karabakh que Bakou décrit comme un «génocide», une dénomination rejetée par Erevan. «Le Karabakh est turc, il restera turc», lisait- on sur une banderole, entre d'immenses drapeaux turcs et des portraits d'Atatürk, le fondateur de la République.

Certains manifestants s'en sont pris également à la France, dont le parlement vient de voter une loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915, par les Turcs ottomans. Cette loi est actuellement examinée par le Conseil constitutionnel.

«Le peuple français a accepté le mensonge arménien, ils ont légiféré à ce sujet et ils ont jugé l'histoire!», a déclaré un manifestant. «Il n'y a pas eu de génocide arménien! Ces gens doivent réétudier l'histoire», a affirmé Emine Sönmez, l'épouse d'un militaire.

Le consulat de France, devant lequel sont passés les manifestants, était protégé par un camion blindé de la police qui en bloquait l'entrée, et des dizaines de policiers en tenue anti- émeutes.