WEF 2022/Ukraine: Cassis et Zelensky attendent beaucoup de la conférence de Lugano

Ignazio Cassis et Volodymyr Zelensky attendent beaucoup de la conférence de Lugano sur l’Ukraine en juillet. Au début du WEF lundi à Davos (GR), le président ukrainien a appelé la Suisse à oeuvrer avec d’autres à un corridor pour exporter le blé ukrainien.
23 mai 2022, 13:38
Ignazio Cassis veut faire de la conférence de Lugano en juillet "le lancement international de la reconstruction de l'Ukraine".

En ouvrant l’édition 2022 du Forum économique mondial (WEF), le président de la Confédération a lui affirmé que 40 Etats et 18 organisations internationales ont été invités au Tessin. Cette conférence devra être celle du «lancement international de la reconstruction de l’Ukraine», a-t-il affirmé.

Tous les acteurs qui pourraient oeuvrer à l’objectif de reconstruire l’Ukraine se retrouveront en Suisse «pour la première fois». «Les guerres ont toujours leurs conséquences» et «il serait impardonnable d’attendre davantage», affirme le président de la Confédération.


De son côté, M. Zelensky, qui a prononcé par vidéo l’un de ses nombreux discours depuis le début de l’offensive, a eu droit à deux reprises à une ovation debout de la salle. Lui aussi attend la réunion de Lugano, remerciant la Suisse.

«J’espère que nos pays partenaires et les grandes entreprises du monde pourront faire leurs propres propositions» lors de ce rendez-vous, prévu les 4 et 5 juillet. Il a aussi appelé tous les acteurs à prendre part à la reconstruction de son pays.

Davantage de garanties de sécurité

«Il y aura beaucoup de travail à faire», a-t-il insisté, promettant un modèle où chaque pays pourra accompagner une région ukrainienne. Certains ont déjà démarré ce dispositif. Et de défendre sa plateforme participative «United24», lancée il y a deux semaines, pour financer la guerre et la reconstruction.

Plus largement, le président ukrainien veut à l’avenir une coalition mondiale d’Etats prêts à aider rapidement ceux qui seraient victimes de désastres ou d’agressions comme celle de la Russie. Une approche de «nouvelles garanties de sécurité» mondiales.


A court terme, il attend de la Suisse, de l’ONU et d’autres Etats un effort pour aboutir à un corridor qui permette d’exporter à nouveau davantage de blé ukrainien. Dans le cas contraire, «la pénurie aura des effets» sur de nombreuses régions. Et elle viendra s’ajouter à la crise énergétique observée ces derniers mois.

«Neutralité collaborative»

M. Zelensky a mis en garde les participants du WEF. «Il n’y aura plus de réunion comme celle de Davos» si «la force brutale l’emporte». Accusant la Russie d’être un «Etat criminel, de criminels de guerre», le président ukrainien a dit qu’il ne serait pas surpris si Moscou utilisait l’arme chimique ou nucléaire.

Il a réclamé des sanctions «maximum» contre la Russie, avec un embargo énergétique et commercial total et «aucun commerce avec la Russie». Quelques minutes après son discours, une parlementaire ukrainienne a montré sur la scène du WEF ce qu’elle a présenté comme un morceau de missile russe.


De son côté, M. Cassis a à nouveau expliqué pourquoi la neutralité suisse n’était pas incompatible avec les sanctions contre la Russie. «Le droit international est plus fort que l’assujettissement, le droit l’est davantage que la force», a-t-il insisté. Il a défendu une approche de «neutralité collaborative» conforme aux intérêts de son pays.

Selon lui, la guerre en Ukraine ou encore la pandémie de coronavirus ont achevé de mettre un terme à la «sécurité apparente» qui était «trompeuse» depuis l’après-Guerre froide. Celle-ci «nous pousse à sous-estimer nos vulnérabilités», a-t-il aussi dit.

par Keystone - ATS