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Une plainte pour association de malfaiteurs déposée contre Serge Dassault

Serge Dassault, l'une des plus grosses fortunes de France, est l'objet d'une plainte pour association de malfaiteurs dans le cadre d'une affaire d'achats de votes.

06 janv. 2014, 19:36
L'industriel, sénateur du parti d'opposition de droite UMP, a dénoncé lundi une "instrumentalisation judiciaire".

L'industriel français et sénateur de droite Serge Dassault, l'une des plus grosses fortunes de France, est visé par une plainte pour association de malfaiteurs. Cette affaire intervient sur fond de soupçon d'achats de votes dans la ville dont il fut le maire.

Le milliardaire et patron de presse, dirigeant du groupe industriel d'aéronautique et d'armement éponyme, est accusé par un homme, Fatah Hou, d'avoir pris part à un stratagème visant à organiser son arrestation et celle de deux autres hommes au Maroc.

Selon Fatah Hou, l'objectif était de les éloigner de Corbeil-Essonnes pour les empêcher de révéler le degré de corruption dans cette ville de la banlieue parisienne administrée par l'industriel de 1995 à 2009.

La réelection de M. Dassault en 2009 avait été invalidée en raison de "dons d'argent". L'élection de son bras droit et successeur Jean-Pierre Bechter avait, elle aussi, été annulée en 2010, entraînant un nouveau scrutin.

"Instrumentalisation judiciaire"

L'industriel, sénateur du parti d'opposition de droite UMP, a dénoncé lundi une "instrumentalisation judiciaire". Il a déposé plainte pour "menaces".

Jean-Pierre Bechter, le responsable du service des sports de la ville et un diplomate marocain sont également visés par la plainte déposée vendredi auprès du parquet d'Evry, a indiqué l'avocate du plaignant Me Marie Dosé.

Cette procédure vient s'ajouter à une enquête à Paris sur un système présumé d'achat de votes dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes.

Immunité parlementaire

Dans ce dossier, le bureau du Sénat doit se prononcer mercredi sur une demande de levée d'immunité parlementaire de l'industriel, qui ouvrirait la voie à une garde à vue. M. Dassault avait déjà été entendu en octobre comme témoin assisté sur une tentative d'assassinat de Fatah Hou le 19 février.

M. Hou, grièvement blessé par balles, garde d'importances séquelles avec notamment un bras droit quasi-paralysé. Pour ces faits criminels, Younès Bounouara, un quadragénaire présenté comme un relais de Serge Dassault dans les cités de Corbeil-Essonnes, a été écroué le 7 novembre après plusieurs mois de cavale.

Achat de votes

Son nom apparaît dans l'enquête sur les achats de votes présumés. Dans un extrait d'une vidéo clandestine diffusée par le site d'informations "Mediapart", Serge Dassault explique à des interlocuteurs visiblement venus lui réclamer de l'argent: "Moi, j'ai tout payé, donc je ne donne plus un sou à qui que ce soit. Si c'est Younès, démerdez-vous avec lui!"

Pour son entourage, Serge Dassault, qui nie tout système frauduleux, est en fait victime de chantage, de menaces et de tentatives de racket par de petits délinquants. Plusieurs plaintes ont déjà été déposées et M. Dassault a de nouveau saisi la justice lundi pour "des appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d'extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de délits".

La plainte déposée par Fatah Hou vise également des faits de corruption d'agent public étranger, de non-dénonciation de crime et de collecte illégale de données personnelles.

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