Revue de presse: surpoids chez les enfants, tourisme vaccinal et accord-cadre… les titres de ce dimanche

Le coronavirus occupe toujours les gros titres de la presse dominicale. Mais les journaux reviennent aussi sur l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE) et les milliards de francs de perte due à l’évasion fiscale.
14 mars 2021, 09:53
Les journaux dominicaux reviennent sur les principaux faits d'actualité de ces dernières semaines.

Hausse du nombre d’enfants en surpoids

Le nombre de jeunes en surpoids a beaucoup augmenté durant la pandémie de Covid-19, alertent Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, qui citent une étude allemande effectuée à Munich durant la crise sanitaire auprès de 1000 familles avec enfants. Le surpoids entre 10 et 14 ans touche un tiers des garçons et un quart des filles. 60% des parents interrogés estiment que leurs enfants bougent moins. Aucune étude n’existe en Suisse sur le sujet. Mais «la situation doit être comparable», déclare dans le journal Christoph Rutishauser, responsable de la médecine des adolescents à l’hôpital pédiatrique de Zurich. «Les enfants sont sous pression. Cela peut provoquer des troubles de l’alimentation», précise-t-il. Il constate également une forte hausse du nombre de patients anorexiques depuis mai 2020. «Nous n’avons pas connu pareille progression ces vingt dernières années».

Tourisme vaccinal en Suisse

Le tourisme de la vaccination contre le coronavirus se développe en Suisse, rapporte la SonntagsZeitung. Les Zurichois voulant recevoir plus vite leurs doses se tournent vers d’autres cantons. Celui de Schwyz organise les rendez-vous de vaccination via la plateforme en ligne DrNow, qui permet d’obtenir une date pour la vaccination si l’on répond simplement par «oui» à la question sur le lieu de résidence. Aucune vérification des informations n’aurait lieu, affirme le journal. L’hôpital d’Einsiedeln, qui a accueilli des Zurichois pour la vaccination, indique qu’il ne peut pas intervenir dans les données et que le canton en est responsable. DrNow, mis au point par un développeur informatique bernois, est utilisé par seize cantons. D’autres cantons rejettent en revanche les demandes de non-résidents.

Stratégie efficace dans l’acquisition des vaccins

L’ancien négociateur pour la Suisse en charge de l’achat de vaccins, Andrin Oswald, rejette dans le SonntagsBlick les critiques concernant l’approche de la Suisse lors de l’acquisition des vaccins contre le coronavirus. Selon lui, la Suisse n’a pas été trop hésitante dans la lutte mondiale. «Nous avons poursuivi un plan agressif». En mai 2020, la Suisse avait investi dans le vaccin de Moderna une somme supérieure à celle des Etats-Unis, en proportion de sa population, relève-t-il. La stratégie consistait à accéder rapidement aux meilleurs vaccins possibles, ajoute-t-il. M. Oswald rejette également l’idée de produire un vaccin complètement en Suisse, vision qu’il qualifie de naïve. Il recommande toutefois à la Confédération de mettre en place une équipe de crise afin d’assurer un rythme d’action plus rapide dans le futur.

Diagnostic du «Covid long» remis en cause

La NZZ am Sonntag et la SonntagsZeitung s’intéressent au «Covid long». Selon le premier dominical, qui cite une étude chinoise réalisée auprès de 1700 patients hospitalisés pour le Covid-19, 76% d'entre eux présentaient encore un symptôme au moins six mois plus tard. De nombreuses jeunes femmes sont touchées par le problème. Le «Covid long» n’est pas une maladie mentale, déclare dans le journal un expert. D’après la SonntagsZeitung, les séquelles à long terme à la suite d’infection au Covid-19 divisent le corps médical. Bien que des études montrent que jusqu’à un tiers des personnes infectées par le SARS-CoV-2 présentent encore des symptômes des mois plus tard, des médecins urgentistes mettent en doute ces résultats et craignent que le «Covid long» ne devienne un diagnostic à la mode pour les symptômes inexpliqués. Les patients souffrant de telles séquelles seraient ainsi stigmatisés, à l’instar des troubles de la douleur ou du syndrome de fatigue chronique, selon eux.

Selecta accusé de tricher sur le chômage partiel

Les employés de Selecta accusent l’entreprise de tricher sur le chômage partiel instauré dans le cadre de la crise liée au nouveau coronavirus, indique la NZZ am Sonntag. Au début de la pandémie, un chef de service aurait demandé directement à son équipe de ne pointer qu’à 50%, mais de travailler à 100%. La pression serait ensuite devenue plus subtile, comme par exemple en organisant des réunions à des moments, où personne n’était censé travailler. Aucune irrégularité n’a été constatée, a affirmé Selecta au journal. L’entreprise a lancé une enquête, a-t-elle ajouté. Jusqu’à présent, 739 signalements d’abus aux indemnités de chômage partiel, toutes entreprises confondues, ont été transmis au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Accord-cadre: le Conseil fédéral pressé d’agir

Le PS et PLR font pression sur leurs ministres, afin que le Conseil fédéral prenne une décision claire sur l’accord-cadre que la Suisse négocie avec l’UE depuis 2014, affirme Le Matin Dimanche. Mardi, la secrétaire d’État Livia Leu a rencontré pour la cinquième fois des responsables européens à propos des clarifications. Les lignes ne semblent toutefois pas bouger, selon le journal. Le PLR et le PS veulent à tout prix éviter que le gouvernement fédéral, qui doit transmettre ou non le dossier au Parlement, ne choisisse la voie du milieu. «Il est probablement possible de sauver l’accord-cadre», indique dans le journal le chef du groupe parlementaire socialiste, Roger Nordmann. «Mais il faut être déterminé à le faire. Soit le Conseil fédéral décide de présenter un accord au Parlement, et alors il est convaincu et le défend vraiment, soit il tire la prise». Une source stratégique qui requiert l’anonymat dit la même chose au PLR: «Soit le Conseil fédéral estime que l’accord est bon à 95% et décide d’y aller à fond, soit il arrête de tergiverser et met fin à l’exercice».

A cause des divergences de vues sur l’accord-cadre entre la Suisse et l’UE, Bruxelles refuse de négocier avec Berne sur le programme de recherche Horizon, relate le SonntagsBlick. Bien que les deux dossiers ne soient pas liés, l’UE utiliserait l’accès à Horizon pour faire pression sur la Suisse. La secrétaire d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation, Martina Hirayama, n’arrive même pas à obtenir un rendez-vous avec des responsables européens, affirme le SonntagsBlick, citant plusieurs sources. «L’UE a jusqu’à présent refusé d’entamer des discussions exploratoires informelles avec la Suisse et les fait dépendre des progrès dans l’accord institutionnel», a indiqué au journal le Secrétariat d’État.

La fraude fiscale coûte 5,7 milliards à la Suisse

La fraude fiscale coûterait 5,7 milliards de dollars (5,3 milliards de francs) chaque année à la Suisse, affirme la SonntagsZeitung, se référant à un rapport de l’ONG Tax Justice Network. Cette dernière s’est basée sur les données de l’Organisation pour le développement et la coopération économiques (OCDE). Les pertes annuelles de la Suisse dues à l’évasion fiscale des entreprises s’élèvent à 881 millions de dollars et celles dues au transfert de fonds par des particuliers fortunés vers des paradis fiscaux à 4,8 milliards, soit 5,7 milliards au total. Cette somme correspond à 4% des recettes fiscales. Les principaux bénéficiaires de cette évasion fiscale sont les Pays-Bas, le Luxembourg et les États-Unis. Mais la Suisse figure aussi parmi les bénéficiaires, en recevant chaque année 12,84 milliards de dollars, transférés d’autres pays. Au final, elle réalise un bénéfice net de 7,16 milliards de dollars et ce, chaque année.

La NZZ am Sonntag aborde également la question de l’évasion fiscale, citant, elle, une étude de l’Université de Bâle. «Nous constatons que la ruée vers les communes les moins chères a diminué», a déclaré le professeur d’économie Kurt Schmidheiny au journal. Il juge cette évolution positive: «Apparemment, la concurrence fiscale n’échappe pas à tout contrôle, mais peut s’autoréguler».