La pollution de l'air à l'origine de 220'000 décès par cancer par an

La pollution de l'air, à l'origine de cancers du poumon ayant provoqué le décès de 223'000 personnes en 2010, est désormais classifiée comme un facteur cancérigène.

17 oct. 2013, 16:53
epa03560124 Heavy smog is seen at an expressway in the suburbs of Beijing, China, 29 January 2013. East, central and northern China are all suffering from hazardous levels of PM2.5 air pollution which is beyond the upper end of the scale of the US and WHO standard measurement systems.  EPA/ADRIAN BRADSHAW

La pollution de l'air est à l'origine de cancers du poumon ayant provoqué le décès de 223'000 personnes en 2010, ont affirmé jeudi à Genève l'OMS et le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). La pollution de l'air est désormais classifiée comme un facteur cancérigène.

Les experts ont conclu qu'il existe des preuves suffisantes pour dire que l'exposition à la pollution de l'air extérieur provoque le cancer du poumon. Ils ont également noté une association positive avec un risque accru de cancer de la vessie, a précisé le CIRC dans un communiqué, à la suite d'une réunion à Lyon pour analyser des études portant sur des milliers d'hommes et de femmes.

Les données les plus récentes dont dispose le CIRC montrent qu'en 2010, 223'000 personnes sont décédées d'un cancer du poumon en lien avec la pollution de l'air. Le CIRC publiera ses conclusions de façon plus détaillée la semaine prochaine dans la revue médicale britannique "The Lancet".

Risque majeur

Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé la pollution atmosphérique dans la catégorie "cancérigène certain", a indiqué son directeur, Christopher Wild, lors d'une conférence de presse. Le diesel et les particules fines avaient déjà été classés dans la catégorie "cancérigène certain" en juin 2012 par le CIRC, a rappelé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Les résultats issus des études pointent dans la même direction: le risque de développer le cancer du poumon augmente de façon importante chez les personnes exposées à la pollution atmosphérique", a expliqué le Dr Dana Loomis, du CIRC. "Nous savons maintenant que la pollution de l'air extérieur n'est pas seulement un risque majeur pour la santé en général, mais aussi une cause environnementale de premier plan des décès par cancer", a-t-il ajouté.

Ces dernières années, les niveaux d'exposition à la pollution atmosphérique ont fortement augmenté dans certaines régions du monde, en particulier dans les pays émergents, dont la Chine.

Pékin décide d'une circulation alternée en cas de forte pollution

Pékin va instaurer un système de circulation automobile alternée les jours où la qualité de l'air est particulièrement dégradée, a annoncé jeudi la presse officielle. La capitale est de plus en
plus saturée par la pollution atmosphérique, Selon les nouvelles règles prévues par la municipalité, les véhicules auront le droit de circuler alternativement, en fonction de leur immatriculation paire ou impaire.

La mesure sera appliquée à chaque fois qu'une grave pollution atmosphérique sera enregistrée pendant au moins trois jours consécutifs, a détaillé l'agence de presse Chine nouvelle.

Les automobilistes pékinois sont déjà interdits de rouler un jour par semaine. Ce système, qui impose une rotation en fonction du dernier chiffre de la plaque d'immatriculation des voitures, a pour effet pervers de pousser les conducteurs, qui en ont les moyens, à s'acheter un deuxième véhicule.

Tirage au sort

Pékin compte près de 5,5 millions de voitures et les autorités ont promis d'imposer un plafond de 6 millions d'ici fin 2017. Pour freiner l'expansion du marché automobile dans la métropole de 20 millions d'habitants encombrée par les embouteillages, les autorités attribuent les nouvelles immatriculations par tirage au sort, avec un quota restreint.

Les experts estiment que toutes ces restrictions n'ont qu'un faible impact sur les ventes globales de voitures en Chine, le pays restant le premier marché automobile mondial.