Philadelphie est la première ville américaine à taxer les sodas

L'obésité est un problème de santé majeur aux Etats-Unis. Pour la première fois, une grande ville américaine a décidé d'agir. Philadelphie va taxer les sodas à raison de 0,51 dollar par litre de boisson sucrée.
17 juin 2016, 09:07
Des citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre cette taxe.

Philadelphie est devenue jeudi la première grande ville américaine à voter une taxe sur les sodas et boissons sucrées, à l'issue de plusieurs mois de bras de fer avec l'industrie alimentaire. La taxe sera de 0,51 dollar par litre de soda et autres boissons sucrées.

La mesure a été adoptée par 13 voix à 4 par le conseil municipal. Elle concerne tous les revendeurs, commerces et restaurants, et prendra effet en janvier 2017.

La décision avait suscité un intense débat dans cette ville pauvre de 1,5 million d'habitants, où plus de 68% des adultes et 41% des enfants sont en surpoids ou obèses. Philadelphie est la grande ville américaine qui compte le plus fort taux de problèmes d'hypertension et de maladies cardiovasculaires. Plus de 26% de la population y vit en dessous du seuil de pauvreté.

91 millions de revenus annuels

L'idée d'une telle taxe avait été rejetée deux fois dans le passé. Mais le nouveau maire démocrate Jim Kenney, qui a pris ses fonctions en janvier, avait choisi de ne pas se positionner sur le terrain de la santé. Il a préféré expliquer que les 91 millions de dollars annuels que devrait rapporter cette taxe seraient principalement utilisés pour offrir des milliers de places supplémentaires dans les écoles maternelles et financer les centres de loisirs et aires de jeux.

Le débat avant le vote de jeudi a été très animé, plusieurs intervenants s'indignant notamment du coût de cette taxe sur les familles les plus modestes.

Une seule autre ville a imposé une taxe sur ces boissons aux Etats-Unis, Berkeley (Californie, 120'000 habitants), à hauteur de 38 cents/litre en novembre 2014.

Des dizaines de propositions similaires dans d'autres villes ont été rejetées. Le vote de Philadelphie était particulièrement suivi, notamment à San Francisco, Boulder (Colorado) ou Oakland (Californie), qui espèrent passer une mesure similaire cette année.

En 2013, le maire de New York de l'époque, Michael Bloomberg, avait en vain tenté d'imposer une limitation de la taille des sodas individuels. La justice lui avait donné tort. Depuis 20 ans, la consommation de sodas et autres boissons sucrées a baissé de 25% aux Etats-Unis.