Une firme française produit un patch pour lutter contre l'allergie à l'arachide

Le premier patch efficace contre l'allergie à l'arachide a été mis au point par la firme française de biotechnologie DBV Tecchnologies. Un processus accéléré d'autorisation de mise sur le marché a été octroyé à ce produit.
07 mars 2017, 08:05
Ce patch est basé sur une découverte montrant qu'il est possible d'agir sur le système immunitaire par la peau.

La firme française de biotechnologie DBV Technologies a mis au point le premier patch efficace contre l'allergie à l'arachide, selon les derniers résultats d'une étude clinique présentés ce week-end. Cette approche est également très prometteuse contre d'autres allergènes alimentaires.

Ce timbre épidermique, appelé Viaskin, a permis de réduire de 98% le risque de choc allergique exacerbé pouvant être mortel, montre un essai clinique de phase 2 mené pendant plus deux ans dans un groupe de 171 patients de quatre à onze ans, avec ensuite un suivi de plusieurs mois avec 28 participants.

Il est estimé qu'aux Etats-Unis 2% des enfants sont allergiques aux cacahuètes, allergie alimentaire la plus fréquente dans ce pays où la population est friande de cet aliment. Leur nombre a augmenté de 50% depuis la fin des années 1990, ont déterminé les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). En France, la prévalence de cette allergie représenterait de 0,3% à 0,75% de la population.

Sur le marché en 2018

"Ces résultats sont extrêmement encourageants" puisque 83,3% des participants ont pu décupler la quantité d'arachide qu'ils pouvaient consommer, a précisé le Dr Pierre-Henri Benhamou, cofondateur de DBV Technologies.

"Il s'agit du premier patch de désensibilisation et de guérison à une allergie alimentaire", a-t-il relevé, affirmant qu'avant "il n'existait pas vraiment de traitement contre ce type d'allergènes".

La Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques, a octroyé le statut de percée thérapeutique à ce patch, ouvrant la voie à un processus accéléré d'autorisation de mise sur le marché, peut-être dès 2018.

Ce patch est basé sur une découverte montrant qu'il est possible d'agir sur le système immunitaire par la peau. Le timbre contient un extrait très concentré de protéines d'arachide, 250 microgrammes, qui est diffusé dans l'épiderme sans passer dans le sang, évitant ainsi le risque de choc allergique pour le patient tout en le désensibilisant progressivement.