Aubonne au coeur du netball

Très populaire dans les pays du Commonwealth, le netball pointe le bout de son nez dans notre région. Doucement mais sûrement.
02 mars 2017, 13:43
/ Màj. le 02 mars 2017 à 17:50
L'AGNA compte désormais 34 joueuses chez les jeunes et 18 chez les adultes.

Si vous n’êtes pas ressortissant anglais, australien ou néo-zélandais, il  y a de très fortes chances que vous n’ayez jamais entendu parler du netball. Créé en Angleterre à la fin du XIXe et pratiqué presque exclusivement par des femmes, ce mélange de basketball (pour les paniers) et de ballon derrière la ligne (pour les déplacements) est aussi méconnu dans nos contrées qu’il est populaire dans les pays du Commonwealth.

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En Suisse, jusqu'à très récemment, il n'était ainsi pratiqué que dans certaines régions (Genève, Zurich, Zoug) par des joueuses expatriées ou dans les écoles internationales. Mais quelques initiatives fort bienvenues tentent d'ouvrir les frontières et de lever les barrières. C'est ainsi le cas à Aubonne, où s'est créée en septembre 2015 l'Aubonne Girls Netball Association (AGNA), qui n'est nul autre que le premier club du canton de Vaud ouvert à la fois aux enfants et, depuis peu, aux adultes.

«Dans les pays comme l'Angleterre ou l'Australie, il est énormément pratiqué dans les écoles, et ce dès le primaire, explique Elly Fischer, anglaise d'origine, trésorière et membre fondateur de l'AGNA. Là-bas, dans les cours de sport, en gros, c’est football pour les garçons et netball pour les filles. Mais c'est ça, son point fort, c'est un vrai sport d’équipe pour filles! Il y a un grand esprit de camaraderie, c’est rapide, dynamique et pas agressif car il n’y a aucun contact. En plus c’est très facile à apprendre. C'est pour ça que nous avons voulu faire découvrir ce sport ici, autour de nous.»

Un acte "presque" manqué

Initié par une professeur de gymnastique de l'Ecole internationale de La Côte à Aubonne, elle-même joueuse de netball, le projet a failli capoter avant même d'être lancé. "C’était son idée de créer un club ici. Mais après notre première réunion, elle est tombée malade et n'a pas pu continuer, relate Elly Fischer. J'étais là avec deux copines, on avait les flyers, le terrain était loué à l'école... On s'est dit qu'on allait quand même essayer et on y est allées!"

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Après un peu plus d'un an et demi d'existence, le bilan est on ne peut plus favorable pour le trio Angela Sturgess (présidente)/Karen Rigby (secrétaire)/Elly Fischer. De 6 à 8 membres inscrits au cours des premières semaines d'activité, le club compte aujourd'hui 34 joueuses (24 M15 et 10 M13). Le tout grâce au bouche à oreille et au passeport vacances de l'été dernier.

"On pensait, à l’origine, que ce serait intéressant pour les petites. Mais les plus grandes, entre 13 et 16 ans se sont aussi montrées intéressées, en ont parlé à leur copines. et ainsi de suite. Presque chaque semaine on a de nouvelles filles qui viennent essayer. Elle peuvent venir faire deux essais gratuitement avant de s'inscrire. Mais elles restent toutes!"  Et à la grande satisfaction des fondatrices de l'AGNA, un quart de l'effectif est indigène. "Cela fait vraiment plaisir car c'était notre but premier: introduire ce sport auprès de tout le monde, pas juste la communauté anglo-saxonne" s'enthousiasme Elly Fischer.

La rançon du succès

Si les jeunes ont répondu présent et prennent désormais part régulièrement à des rencontres amicales ou des tournois organisés par Swiss Netball, les adultes n'ont pas tardé à leur emboîter le pas. La demande a été telle qu'une équipe senior a été créée en septembre dernier et compte à ce jour 18 membres "Mais là, pour l'instant, ce sont surtout des expatriées. Des mamans, d'anciennes joueuses... Pas encore de Suissesses. Pour le moment!" commente Karen Rigby

Rançon du succès, la capacité maximale de membres, fixée à l'origine à 40 pour ce qui est des jeunes, est sur le point d'être atteinte. Aller au-delà n'irait pas sans poser des problèmes logistiques. "On arrive encore à accueillir du monde. Mais après il faut trouver d’autres moniteurs, des coups de mains. Toute aide est bienvenue." Plane également l'ombre d'un souci bien connue des clubs sportifs de la région: les terrains et leur disponibilité.

"La prochaine étape sera de trouver d’autres créneaux de salle. On a actuellement la salle à Aubonne une heure et demi le jeudi en fin d’après-midi. Et pas d’accès pendant les vacances, les week-ends. On est très motivées mais on se sent un peu coincées sur ce point. Mais pour que les filles continuent à venir et restent, je pense qu’on doit faire quelque chose de bon. Alors on va trouver des solutions" conclut Elly Fischer.

par Arnaud David