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Egypte: au moins 74 morts après un match de football

Des violences ont éclaté après un match de football au Caire. Au moins 74 personnes ont péri.

02 févr. 2012, 06:43
Au moins 74 personnes sont mortes dans un stade de football de Port-Saïd en Egypte après des échauffourées entre supporters.

Au moins 74 personnes sont mortes mercredi soir et des centaines ont été blessées dans des violences après un match de football entre deux équipes égyptiennes à Port- Saïd, amenant l'armée à se déployer dans la ville. Ce bilan, encore provisoire, en fait l'un des matches les plus meurtriers de l'histoire du football.

Le ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim a assuré que «la majorité des personnes tuées ont été écrasées» dans les mouvements de foule. Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Sepp Blatter, s'est lui déclaré «très choqué» et a parlé d'un «jour sombre».

Des supporteurs se sont affrontés à coups de poings, et selon des sources médicales, plusieurs sont morts ou ont été blessés à l'arme blanche.

Les heurts ont commencé après que l'arbitre eut sifflé la fin du match au cours duquel Al-Masry a fait subir à Al-Ahly, un des meilleurs clubs d'Egypte, sa première défaite (3-1) de la saison, à la 17e journée du championnat national.

Des centaines de supporteurs d'Al-Masry, un club de Port-Saïd, ont envahi le terrain et ont commencé à lancer des pierres et des bouteilles contre ceux d'al-Ahly, une équipe du Caire, déclenchant les violences, selon des témoins.

Déploiement de l'armée

«Le bilan s'élève à 74 morts, dont un policier», a indiqué le ministère de la Santé, tandis que la télévision d'Etat annonçait le déploiement de l'armée dans la ville pour «éviter de nouveaux affrontements» entre supporteurs.

Les heurts ont également fait 248 blessés, a indiqué le ministère de l'Intérieur. La police a indiqué avoir arrêté 47 personnes.

Réunion de crise

Les services de sécurité ont assuré que les policiers anti- émeutes étaient présents en nombre suffisant, mais qu'ils n'ont pas voulu s'interposer en raison de consignes de modération diffusées après des manifestations meurtrières au Caire en novembre et décembre.

Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak, a envoyé deux avions évacuer les joueurs et les blessés. Le gouvernement devait quant à lui tenir une réunion de crise jeudi.

Partisans de Moubarak

Les Frères musulmans, grands vainqueurs des dernières élections législatives, ont accusé les partisans du président déchu Hosni Moubarak d'être responsables des violences.

Le député libéral Amr Hamzawi a appelé de son côté au limogeage immédiat du ministre de l'Intérieur, ainsi que du gouverneur et du chef de la sécurité de Port-Saïd.

Le président du Parlement Saad al-Katatni, membre des Frères musulmans, a indiqué que l'Assemblée du peuple tiendrait une session extraordinaire jeudi.

Incendie

Dans le même temps, un incendie s'est déclaré au stade du Caire lors du match oppposant al-Zamalek au club Ismaïly amenant les responsables à annuler la rencontre. L'incendie a été maîtrisé, a indiqué un responsable de la sécurité.

Depuis la chute de Hosni Moubarak il y a bientôt un an, l'Egypte a connu des troubles sporadiques et parfois meurtriers, associés à une hausse de l'insécurité liée notamment à un désengagement de la police, qui a été fortement critiquée pour avoir réprimé les manifestants pendant le soulèvement populaire de janvier-février 2011.

Des heurts s'étaient déjà produits le 6 septembre dans un stade du Caire entre la police et des partisans de Al-Ahly qui lançaient des slogans hostiles à l'ex-président Moubarak. Près de 80 personnes avaient été blessées.



 

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