Heini Mader: "Il était tellement content qu'il doubla mon salaire mensuel"

Heini Mader, un des motoristes les plus célèbres de la F1, vient de fêter ses 80 ans. Il nous a reçus à Gland, dans son atelier.
16 févr. 2016, 14:17
Heini Mader, dans son atelier glandois.

Domicilié dans la région de La Côte depuis un demi-siècle, Heini Mader a vu le jour le 14 février 1936 dans les environs de Lindau, sur les rives allemandes du lac de Constance. S’il est avant tout connu pour avoir été le chef mécanicien du pilote fribourgeois Jo Siffert, il a été lui-même compétiteur. Tout d’abord comme coureur cycliste, en Allemagne, quand il était encore apprenti mécanicien, puis comme pilote automobile avec une DKW Junior au volant de laquelle il participe à de nombreuses courses de côte en Suisse et en France.

«J’ai vite compris que si l’on ne disposait pas d’une grande capacité respiratoire, on partait battu d’avance en cyclisme. C’est pour cette raison que je me suis tourné vers le sport automobile», rigole Heini Mader qui ne fait pas ses 80 ans. Et s’il remporte une victoire de classe à la course de côte du Mont Ventoux en 1961, il est bien meilleur mécanicien que pilote.

Il est par exemple l’un des rares à régler à la perfection le très compliqué moteur Fuhrmann des Porsche 356 Carrera. Sa contribution avait d’ailleurs été déterminante dans les victoires remportées au début des années soixante par Heinz Schiller qui était agent Porsche à Genève et qui courait avec une Porsche équipée justement d’un tel moteur. «Après avoir cassé son moteur aux Rangiers, Heinz Schiller avait été tellement content que je parvienne à le remonter à temps pour une course en France, agendée le week-end suivant, qu’il me doubla mon salaire mensuel», se souvient Heini Mader.

L'intégralité du portrait signé Laurent Missbauer, avec des anecdotes sur Jo Siffert, à retrouver dans nos éditions payantes du mercredi 17 février.