JO 2014: l'exploit de Cologna analysé par Jean-Michel Schär, président de

Président du Giron jurassien des clubs de neige, Jean-Michel Schär a vécu l'exploit de Dario Cologna dans sa voiture via son smartphone. Le Neuchâtelois de Corcelles revient pour nous sur la deuxième médaille d'or du Grison.

14 févr. 2014, 14:41
Jean-Michel Schär, président du Giron jurassien des clubs de neige, n'a voulu manquer le sacre de Cologna sous aucun prétexte.

Jean-Michel Schär est président du Giron jurassien des clubs de neige, qui regroupe les trois disciplines de glisse de l'Arc jurassien (Neuchâtel, Jura et Jura bernois). Plutôt spécialiste de l'alpin, le gestionnaire immobilier de 45 ans reste néanmoins à la tête d'une association qui s'occupe de former de jeunes fondeurs dans les catégories U16, dont certains de ses meilleurs éléments ont été sélectionnés dans le cadre national de Swiss-Ski à Brigue (VS), les frères Jules et Gaspard Cunot par exemple.

Jean-Michel Schär, par quel canal avez-vous suivi ce 15 km du ski de fond?

J'ai  suivi cette course depuis mon téléphone portable en voiture.

Vous qui êtes plutôt porté sur l'alpin, pourquoi avez-vous suivi cette épreuve de ski de fond?

Les attentes étaient très grandes pour Dario Cologna. Tous les Suisses pensaient qu'il pouvait réaliser ce doublé après sa victoire un peu inattendue sur le skiathlon dimanche. je ne voulais pas manquer ça!

Quel regard portez-vous sur Cologna?

Je l'ai senti tout de suite dans le coup. Au premier temps intermédiaire, il n'était qu'à quelques secondes derrière les meilleurs chronos après 2.5 km. On voyait qu'il était déjà très solide et qu'il parvenait à bien contrôler sa course. Il faisait montre d'une grosse maîtrise de tous les aspects technique, tactique, physique et mentaux. Je le sentais très complet.

A quel moment avez-vous cru en sa victoire?

Au troisième temps intermédiaire. Cologna avait déjà effectué le meilleur chrono au deuxième temps intermédiaire après 8 km. Et après 10 kilomètres il, confirmait et creusait encore l'écart.  A moins d'une improbable panne dans les derniers kilomètres, j'ai senti qu'une médaille était à sa portée.

Quelle analyse faites-vous de sa faculté de récupération, après sa déchirure des ligaments à la cheville droite qui datait du mois de novembre dernier seulement?

Il a montré qu'il avait parfaitement géré cette blessure en faisant l'impasse sur plusieurs courses majeures avant de revenir. Il était forcément déjà au top sur le plan de sa condition physique avant son accident. Mais il a su entretenir celle-ci pendant son temps de repos forcé. Il a su faire preuve de beaucoup de patience pour ne pas revenir trop vite à la compétition. Mais je pense qu'il fait partie de ces personnes qui sont au-dessus du lot et qu'il dispose d'une grande capacité de récupération. Il faut rappeler que le repos et la récupération font partie intégrante de l'entraînement.

Avec la victoire de Sandro Viletta en super-combiné du ski alpin, les Suisses font très fort ce vendredi?

C'est franchement magnifique! Il est vrai que l'on pouvait s'attendre à ce que Cologna réalise une bonne prestation en ski de fond. En revanche, après la descente du super-combiné, je n'aurais pas mis ma main au feu sur une médaille pour Viletta. Maintenant, avec cinq breloques en or et une en bronze sur ces JO, il me semble que les Suisses sont dans les pronostics. Et j'espère qu'ils continueront ainsi.