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Mats Wilander: "Je suis joueur de tennis, pas psychologue"

Mats Wilander a débarqué à Chavannes-de-Bogis pour dispenser des leçons avec son «Wilander on Wheels». Et jouer une exhibition pour les dix ans du club Joto, jeudi soir. Interview

18 mai 2016, 15:45
Mats Wilander, mercredi matin, à Chavannes-de-Bogis, à l'heure du café-croissant.

«Mats est toujours en retard, il est énorme! Sur un terrain comme en dehors, il est impossible à déstabiliser.» Jonas Svensson, qui fut coéquipier de Coupe Davis de l’ex-numéro un mondial, regarde sa montrer et s’en va chercher son illustre compatriote. Qui débarque, l’air fringant et lunettes de vieux sage sur le nez.

Mats Wilander, Jonas Svensson raconte qu’il s’entraîne dur pour enfin vous battre jeudi soir…

(Il rigole) J’ai entendu, tout le village en parle! C’est sympa de revoir Jonas. J’ai joué au tennis lors de douze des quinze derniers jours, je suis prêt. Nous passons trois jours ici, et vendredi je monte à Paris.

Qu’est-ce qui vous pousse à voyager autant?

Le plaisir! Le plaisir de partager du temps avec tous ces gens sur le court. Certes, jouer contre John McEnroe ne s’avère, le plus souvent, pas vraiment fun (regard malicieux). Pour le reste, je recherche à obtenir le plus d’informations possibles; pour moi, discuter avec les jeunes, ressentir leur feeling, constitue une priorité – pourquoi à 9 ans sont-ils attirés par Novak Djokovic, ceux de 11 ans aiment Rafael Nadal et ceux de 12 ans Roger Federer?

Et vous, plutôt Djokovic, Nadal ou Federer?

Lorsque je me prépare à commenter des grands matches, une demi ou une finale de Grand Chelem par exemple, et que Nadal ou Federer la dispute, cela m’excite. C’est aussi génial que de la jouer, avec, bien sûr, une certitude me concernant: cette rencontre, je ne peux pas le perdre. Je me sens très, très proche des sensations que les joueurs peuvent ressentir. Si Federer gagne, je suis Federer. Si Nadal gagne, je suis Nadal.

Comment abordez-vous ce travail de commentateur?

La télévision est un business et je prends réellement du plaisir avec cette activité. Même si cela m’est plus dur maintenant qu’à mes débuts. Je le redis, je me sens proche des joueurs. Alors quand je les interviewe, je cherche à créer le climat d’une conversation, comme si tu discutes avec un bon pote. J’écoute les conseils et les critiques formulés à mon encontre, je remarque que je dois être plus neutre. Je sais également que je ne peux pas tout dire, que je ne peux pas affirmer aux joueurs que «ce que fait Novak Djokovic actuellement est hallucinant et qu’il va tout gagner».

Coach, cela ne vous tente plus?

Non. J’ai coaché Marat Safin notamment, il y a quatorze ans. Aujourd’hui, la différence s’avère trop grande entre un jeune de 21 ans et un gars de 51 ans comme moi. Pour ma part, le coaching s’avère trop «lent». Je suis un joueur de tennis, pas un psychologue.

Aurez-vous un peu de temps pour faire un crochet au Geneva Open, tout de même?

Dans un premier temps, je n’avais pas pensé au tournoi ni aux dates qui coïncident avec ma venue dans la région. Marc Rosset est impliqué dans l’organisation, c’est bien juste? Je verrai. Il y a en tout cas un beau plateau. Pour Stan Wawrinka, qui a besoin de victoires, un bon parcours ici serait idéal. Je me rappelle avoir disputé ce tournoi de Genève plusieurs saisons de suite, dans les années 1980. Ce fut même mon troisième tournoi gagné, en 1982 (ndlr: titre remporté également en 1983). En 1981, j’avais obtenu une wild-card et j’avais joué Bjorn Borg au 1er tour (ndlr: défaite 6-1 6-1). La seule fois que je l’ai affronté, d’ailleurs.

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