2e internement à vie prononcé dans le Jura bernois

Un homme a été condamné aujourd'hui à une peine de huit ans de prison assortie de l'internement à vie par le Tribunal régional de Moutier (BE). Il a été reconnu coupable d'abus sexuels sur des enfants et de viols. C'est la 2e fois que cette mesure est prononcée en Suisse.
05 août 2015, 15:48
justice

L'accusé fera recours auprès de la Cour suprême du canton de  Berne, a indiqué le greffier du Tribunal, Steve Calegari.  Agé de 52 ans, l'accusé est resté impassible lors de la lecture du  jugement par le président Jean-Mario Gfeller.

Cet homme a été reconnu coupable de trois viols sur deux femmes,  de contraintes sexuelles, d'abus sexuels sur sa fillette, ainsi que  de pornographie dure, a précisé le greffier. L'internement à vie a  été prononcé aussi en raison du risque élevé de récidive.

Le tribunal a estimé qu'il n'y  avait aucune lueur d'espoir. Le parcours de cet homme, déjà  condamné, a pesé dans la décision de la justice bernoise.

Cette sanction, la plus sévère prévue par le code pénal suisse, a  été prononcée deux jours après le jugement de l'assassin de Lucie  qui a échappé à l'internement à vie.

Expertises unanimes

Dans le cas du procès à Moutier, les deux expertises s'accordent  à reconnaître le risque très élevé de récidive et le danger que cela  fait courir à la société, a souligné le greffier. Pour les experts,  l'accusé souffre d'une pathologie complexe et ne peut ressentir  aucune empathie.

Lors de son réquisitoire mercredi, le procureur a requis une  peine de 9 ans de prison assortie de l'internement à vie. Pour  justifier cette peine, le représentant du Ministère public avait  rappelé que le prévenu avait déjà été condamné pour des faits  similaires. La défense a, elle, dressé le portrait d'un homme accusé  à tort.

Internement à vie

Cette sanction, la plus sévère prévue par le code pénal suisse, a  été prononcée alors que le Ministère public argovien a fait appel  contre la décision du Tribunal de district de Baden de ne pas  interner à vie l'assassin de la jeune Lucie. L'interné à vie ne  bénéficie pas automatiquement d'un réexamen de sa situation.

C'est le 2e internement à vie à être prononcé après l'acceptation de l'initiative sur l'internement à vie des délinquants dangereux.  En octobre 2010, la justice thurgovienne avait été la première à  condamner un Suisse de 43 ans à l'internement à vie pour avoir  poignardé une prostituée.